AS Cannes : une deuxième place flatteuse ?

Deuxième du championnat de National 3 après douze rencontres – sur vingt-six – l’AS Cannes a réalisé une jolie première partie de saison. Pourtant, les supporters du club ne sont pas rassurés : les performances sportives, en dents de scie, laissent à désirer.

Un goût amer, d’inachevé. C’est le sentiment qui dominait chez les supporters de l’AS Cannes en cette fin d’année 2017. Remonté en National 3 à l’issue de la saison précédente – la cinquième division française – le club de football présidé par Johan Micoud est, à la trêve, positionné à la deuxième place du groupe D, celui réservé aux clubs « Corse / Méditerranée ». A la fin de la saison, seul le premier accédera au championnat de National 2. Les Cannois possèdent actuellement 22 points, soit trois de moins que le leader, l’US Endoume, qui compte un match en moins (à jouer face au SC Bastia, à la rentrée).

Pourtant, le soleil ne brille pas forcément chez les supporters cannois. « Cette deuxième place, c’est flatteur, pose Arnaud, 32 ans, fan des Rouge et Blanc. On réalise de belles performances, comme face à Bastia ou Villefranche/St Jean-Beaulieu, mais on est plombé par de trop mauvaises prestations. » A presque mi-saison – la dernière rencontre de la phase aller est prévue à la rentrée face à l’ES Cannet-Rocheville – le club entrainé par le duo Michel Pavon – Michaël Marsiglia a déjà perdu à quatre reprises. « Lorsque l’on perd 6 à 0 à Aubagne qui est un prétendant à la montée, ou à l’Etoile Filante Bastiaise, qui est avant-dernier, comment voulez-vous que l’on soit champion ?, questionne Clément, habitant de La Bocca et supporter ascéiste. Il faut être réaliste ! ».

Un mois d’octobre cauchemardesque

L’irrégularité des performances des Cannois est incontestablement pointée du doigt. « C’est un de mes regrets, confie Michaël Marsiglia, au sortir de la rencontre qui s’est soldée par une victoire face à l’AS Saint-Remy (1-0). On est capable du meilleur comme de passer à travers ». La dernière déconvenue date d’il y a quinze jours lorsque les pensionnaires du stade Pierre-de-Coubertin ont été défaits au Pontet (2-0). « Nous n’avons pas su trouver la solution et, pire, nous perdons un joueur qui se fait exclure… », déplore le technicien cannois.

Forte de trois succès en quatre rencontres en début de saison, l’AS Cannes a ensuite passé un mois d’octobre cauchemardesque marqué par une élimination en Coupe de France, une gifle à Aubagne, un nul face à Gémenos (0-0) sans s’être créé une occasion et une défaite à Endoume (2-1) concédée à la dernière seconde du temps additionnel. Ajoutée à cela, la blessure de son précieux capitaine, Mickaël Cériélo, 33 ans, qui n’est revenu que… le samedi 16 décembre. « Lorsqu’il n’est plus là, l’équipe est chamboulée, les joueurs n’ont plus de repères, analyse Sylvain, fidèle supporter. De toute façon, c’est simple : quand il est sur le terrain, on gagne. » Cette saison, en sa présence, l’AS Cannes a signé quatre victoires pour une seule défaite. « Et l’an dernier, il était bien évidemment un grand artisan de la montée ! », reprend Sylvain.

L’emblématique capitaine, Mickaël Cériélo, enfin de retour. (Crédit photo : Kevin Mesa)

Pour espérer devenir champion, le club cannois devra réaliser un parcours presque parfait. La saison dernière, l’équipe championne de la poule, le RC Grasse, n’avait perdu qu’à six reprises, soit seulement deux défaites de plus que ce que ne compte l’AS Cannes à l’heure actuelle. « Ça va être compliqué, lance Arnaud. Mais quoiqu’il arrive, on sera derrière nos joueurs. Comme à chaque saison. Et, peut-être, aurons-nous une bonne surprise à la fin de la saison… »

Romain Hugues

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