La réforme du nouveau baccalauréat divise parents d’élèves et professeurs

« Redonner du sens » au baccalauréat, c’est l’objectif de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale. Fini le marathon des épreuves de fin d’année et les oraux de rattrapage, la réforme de l’épreuve qui sera effective en 2021 divise déjà les professeurs comme les parents d’élèves.

Un nouveau baccalauréat en 2021. C’est à la fin du mois que Pierre Mathiot, ancien président de Science Po à la tête de la mission chargée de cette réforme remettra son rapport. La nouvelle formule du « bac » sera composée de seulement quatre épreuves en terminale. Trois épreuves écrites comprenant les deux matières majeures de l’élève, et la philosophie. Cette dernière néanmoins n’apparaît pas sous la même version qu’aujourd’hui. L’épreuve sera commune à tous les élèves. Oubliez toutes ces notions de filières, désormais les professeurs devront juger les élèves au cas par cas avec les matières majeures qu’ils auront choisies.

Un bac personnalisé

Cette formule qui garantit à l’élève un parcours plus personnalisé ne satisfait pas Fabienne Langoureau, secrétaire générale adjointe du SNES FSU (syndicat national des enseignements du second degré) de Nice : « L’organisation modulaire du lycée telle que le gouvernement la prévoit ne convient pas car le lycée va perdre en cohérence et les élèves risquent de se perdre dans cette nouvelle organisation qu’on va leur proposer. Ceux qui risquent d’être les plus perdus sont déjà ceux qui sont les plus démunis face au système éducatif. »

Des changements dans les options

Fabienne Langoureau le constate, ce système calqué sur le modèle universitaire contient de nombreux défauts pouvant nuire à l’élève : « Quand on dit à un élève qu’il va suivre un enseignement très important mais qui n’est plus évalué, il n’aura pas la même volonté que pour un enseignement évalué. » Il reste encore beaucoup de zones d’ombres dans ce rapport. La plupart concernent le futur des options et des Langues Vivantes 2.

Disparue du tronc commun, cette possibilité d’apprendre une deuxième langue sera désormais une option. Solange Turfaut, parent d’élève, considère comme un bon point l’évolution de la LV2 : « Il faut laisser le choix, et c’est une bonne chose que cela reste facultatif car l’élève se sentira plus motivé. »

Une réforme pour faire des économies

Selon la secrétaire générale adjointe du SNES FSU de Nice, il s’agit d’une réforme très médiatique, dont on ne cesse de parler et qui cache une réelle volonté de faire de l’économie budgétaire : « Le module horaire serait de 27 heures, ce qui est moins qu’aujourd’hui. Cela cache la volonté de faire des économies. » Un détail de plus qui tend à décrédibiliser cette nouvelle formule.

Xavier Bertrand
Elise Pontoizeau

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