Le mal-être chez les forces de l’ordre s’intensifie en 2017

Vague de suicides et mal être au sein du travail, les policiers et gendarmes ont de plus en plus de mal à faire face aux contraintes du métier.

En 2017, 49 policiers et 16 gendarmes se sont suicidés. Après un pic en 2014, le nombre de suicides avait pourtant baissé en 2016. Si bien que la situation des représentants de la loi inquiète les autorités.

Taux de suicideFace à leurs conditions de travail, les forces de l’ordre sont à bout de souffle. Selon une étude publiée par le Syndicat policier Alliance, près de 71% déclarent ne plus faire face à leur charge de travail. « Avec les heures de travail interminables, les gendarmes et les policiers sont tout le temps sur la brèche et risquent leur vie en permanence. Les gendarmes, eux, sont enfermés en caserne et ont des obligations de résultats », dénonce Ronald Guillaumont, président de l’Association professionnelle gendarmerie (APG).

Pour Frédéric Le Louette, Président de Gend XXI, association d’aides aux gendarmes, les causes des suicides ne sont pas uniques. « La profession demande beaucoup de temps et d’investissement, mais les suicides ne sont jamais provoqués que pour des raisons professionnelles ou juste familiales. L’un entache l’autre », souffle le sous-officier de gendarmerie.

Les suicides dépendent, selon lui, de la personnalité, du cadre familial et aussi de l’affectation. « Il y a des populations plus difficiles que d’autres. On y affecte souvent les jeunes à la sortie de l’école. Ça n’aide pas à la sérénité ! »

Le suicide chez les policiers

Un manque de considération de la part de l’Etat

Problèmes d’ordre matériel, absence de formation sur les nouvelles procédures pénales et multiplication des textes législatifs, 68% des interrogés ne se sentent pas soutenus par la hiérarchie. Policiers comme gendarmes, le manque de considération touche les deux camps. « Avec toutes ces violences, quand on n’est pas défendu par l’Etat, on est vite soumis à la pression », explique Ronald Guillaumont.

Si les policiers disposent de droits syndicaux, ce n’est pas le cas pour les gendarmes. « On a seulement des associations professionnelles mais elles sont muselées par la loi du 28 juillet 2015. Elle condamne la liberté d’expression des gendarmes, leurs droits syndicaux et d’associations. » À la différence d’un syndicat, les adhérents à ces associations ne peuvent ni manifester ni faire grève.

Hafça El Moussaoui 
Célia Maciolek

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