ES1 veut populariser l’eSport à la TV

Ce mercredi 10 janvier, la chaîne ES1 a commencé à émettre sur le canal 142 de l’offre d’Orange. La chaîne se veut la première en France à proposer un modèle 100% eSport.

ES1 se lance finalement sur l’offre d’Orange après avoir connu des difficultés à obtenir son autorisation d’émission. Prête au lancement depuis le 1er décembre, elle a dû attendre le feu vert du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, hésitant sur un sujet aussi nouveau.

Les compétitions d’eSport n’étant pas reconnue comme sportives, la législation sur la publicité et les sponsors n’est pas la même. Le problème a été étudié par le CSA et la chaîne a finalement pu commencer à diffuser son contenu après un long mois d’attente.

Des émissions de talk-show et des retransmissions de compétitions rempliront la grille de cette nouvelle venue à la télévision.

L’eSport à la télévision, un sujet épineux

L’eSport sur le petit écran, c’est la confrontation de deux milieux qui se jalousent : Internet et la télévision. Si la télévision est vue par certains comme un média en fin de vie, elle possède toujours cette légitimité médiatique tant recherchée sur Internet.

A l’inverse les diffuseurs de contenu sur Internet, en direct (streamers) ou non (vidéastes) profitent d’une large audience jeune et curieuse, mais n’a pas la légitimité et la reconnaissance que peut donner la télévision.

Le site Twitch réalise par exemple des scores d’audience bien différents de ceux de la télévision avec plus de 220 millions de visiteurs uniques chaque mois à travers le monde. L’offre y est également très variée : plus de deux millions de streamers partagent du contenu chaque mois.

L’explosion des audiences de Twitch

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Pourtant ES1 fait le choix de lancer une chaîne 100% eSport à la télévision en France, plutôt que de rester sur Internet où la visibilité est potentiellement bien plus grande.

Pour Bertrand Amar, animateur et producteur à l’origine du projet ES1, il y a deux audiences à capter, à savoir « les fans d’esport qui pourront trouver sur ES1 un contenu différent de ce qui se fait sur Internet », et les personnes qui « sont prêtes à découvrir l’esport mais qui n’ont pas encore les clés ».

Le pari d’ES1 est risqué, car ces deux audiences n’ont pas forcément les mêmes attentes : ceux qui ne connaissent pas l’eSport pourraient totalement ne pas être intéressés, et l’audience d’Internet aura sûrement du mal à migrer vers la télévision de manière pérenne.

Twitch infographie

Quentin Corcelle

Nicolas Pineau

 

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