Ce que cachent les ZAD

Le 30 janvier, le gouvernement rendra sa décision concernant le démantèlement de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Nicole Klein, préfète de Loire-Atlantique a annoncé qu’il y aura « un retour à l’état de droit au coeur de la ZAD. Mais au fait c’est quoi une ZAD ? Décryptage.

La mobilisation comme une arme qu’il faut brandir pour faire annuler des projets de l’État. Telle est la manière de fonctionner des militants des ZAD (Zone à Défendre) qui brandissent leur droit de décider de l’avenir de leurs territoires. On dénombre de nos jours une dizaine de « ZAD » en France. De la ZAD de Roybon, créée à la suite du projet de construction du Center Parcs dans le bois des Avenières en Isère, à la ZAD la plus médiatisée, Notre-Dame-des-Landes.

Où se trouvent les ZAD en France ?

Carte des ZAD.PNG

En rouge : Les zones occupées. En vert : Les zones de tension

>>> Afficher la carte en plein écran

Quand peut-on parler d’une ZAD ?

Il existe des zones occupées de manière permanente, les ZAD, et des zones de tension. Difficile parfois de les différencier. Les ZAD sont occupées à l’endroit où le projet doit être construit tandis que sur les zones de tension des affrontements entre manifestants et autorités ont lieu sans pour autant qu’il y ait appropriation des lieux.

« ZAD » : une construction militante

Selon Philippe Subra, professeur à l’Institut français de géopolitique qui s’est exprimé dans Le Figaro : « Il s’agit d’un terme qui présente l’avantage d’attirer l’attention des médias ainsi que la sympathie d’une partie de l’opinion publique ».

Le mot zadiste est entré dans le langage courant, bien que selon le spécialiste il existe uniquement trois vraies ZAD en France, celles de Notre-Dame-des-Landes, de Sivens (déjà évacuée), et celle de Roybon. « Ce qui définit une ZAD, c’est l’occupation permanente d’un lieu », rappelle le professeur, et non l’occupation temporaire.

Le responsable presse de Notre-Dame-des-Landes le confirme: « Chaque mobilisation a ses spécificités, mais il y a des gens qui ont pu s’inspirer de ce qu’on fait à Notre-Dame-des-Landes qui se battaient eux-mêmes dans des projets qu’ils pensaient nuisibles, et qui disaient nous aussi, ici, on est une ZAD. » Certains militants n’utilisent même plus ce terme : « Il y a même des gens qui sont dans ces mobilisations qui ne souhaitent pas utiliser ce therme car ça ne leur parle pas, et qui n’ont pas envie de faire copier-coller. »

Un sens qui a évolué au fil des époques

Le terme ZAD sous la signification (Zone à Défendre) est apparu dans les années 2010 en pleine contestation contre la construction de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. À l’origine, l’acronyme créé dans les années 70 désignait « zone d’aménagement différée ».

Depuis la lutte du Larzac entre 1971 et 1981 pendant laquelle des milliers de personnes ont manifesté contre l’extension d’un camp militaire, les ZAD se sont démultipliées en France, et ont évoluées sous de nouvelles formes.

Se revendiquant pacifiste, les ZAD ont perdu peu à peu dans l’opinion publique leur symbolique de mouvement de désobéissance civile non-violente depuis les affrontements entre manifestants et force anti-émeutes dans plusieurs zones de France. L’un d’eux à Sivens entraînera la mort de Rémi Fraisse en 2014.

Elise Pontoizeau
Xavier Bertrand