Procès Dagorn : ces courriers qui dérangent [1/4]

Accusée d’avoir empoisonné parfois jusqu’à la mort plusieurs hommes depuis 2011, Patricia Dagorn clame son innocence. Mais des lettres qu’elle a envoyées ou reçues pourraient la trahir.

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Le palais de Justice de Nice où se déroule le procès Dagorn. (© Ulysse Goldman)

Lundi 15 janvier s’est ouvert au palais de Justice de Nice le procès de la « veuve noire ». Patricia Dagorn était jugée la semaine dernière pour « assassinat, empoisonnement et administration de substances nuisibles ». Appelés à la barre, les Commandants Bati et Messineau ont retracé les relations qu’elle aurait eu avec des hommes très âgés entre 2011 et 2012. Au total, plus de dix septuagénaires et octogénaires se seraient fait piéger par P. Dagorn. La femme aurait utilisé à chaque fois le même procédé, à savoir instaurer un climat de confiance et d’amour avant de les empoisonner et de leur extorquer de l’argent. Selon ses avocats, Mme Dagorn nie toutes les accusations à son encontre. Des courriers interceptés lorsqu’elle était incarcérée entre 2012 et 2017 viennent toutefois compliquer sa défense.

Elle préparait sa défense en prison

Patricia Dagorn a beaucoup communiqué par courrier durant sa réclusion au centre pénitencier d’Annemasse. Un grand nombre de ses lettres étaient adressées à Jacques Steyer, une de ses victimes, qu’elle faisait passer pour son avocat. Elle avait soi-disant perdu confiance dans le système pénitencier et ne voulait pas que ses lettres soient lues. Dans certaines, elle demandait à des gens de lui trouver des alibis pour les moments passés avec ses victimes. Dans d’autres, elle faisait encore pire, en demandant qu’on lui fasse de fausses ordonnances au nom des hommes qu’elle empoisonnait. Et ce, afin d’expliquer la présence de ces substances dans leur maison et dans leur corps.

En plus des lettres envoyées, Patricia Dagorn en aurait reçu deux troublantes pendant sa période d’incarcération. La première, signée par son ex-mari et ses fils, l’accuse d’arnaquer et de blesser des personnes âgées, ce qu’elle nie depuis le début. La seconde a été écrite par le demi-frère de l’accusée. L’homme prétend qu’elle a tué leur mère ; à seulement 65 ans, la femme avait été retrouvée morte dans son lit, juste après avoir souscrit une assurance-vie au nom de Patricia Dagorn. Si cette accusation n’est pas discutée durant le procès qui se tiendra jusqu’à vendredi, elle s’ajoute au mystère et aux suspicions qui entourent l’accusée.

Hugo Scherrer

Ulysse Goldman

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