Sécurité ou droits fondamentaux, les boxes dans les tribunaux divisent

L’installation de cages en verre autour des boxes des tribunaux est contestée et remettrait en cause les principes d’un procès équitable.

Les droits fondamentaux de la défense ont-ils été bafoués ? Depuis 2016 le ministère de la Justice a décidé de généraliser la construction de boxes dans les tribunaux. Ces enceintes en verre qui permettent de contenir les personnes jugées sont décriées par les avocats comme les magistrats. Mireille Damiano, avocate au Barreau de Nice et membre du Syndicat des avocats de France s’insurge contre un système qui va à l’encontre de « nos droits les plus basiques ». Selon le syndicat, les cages nuiraient au principe de présomption d’innocence. Certains magistrats partagent cet avis, Benoit Vandermaesen délégué du Syndicat de la magistrature dénonce : « Le concept d’enfermement de celui qui comparait lors d’une audience n’est pas acceptable ce n’est pas une image neutre. »

« Des boxes inadaptés »

Moins fondamental mais pas moins important, les boxes seraient inadaptés. « Difficile de communiquer » avec son client, d’après Maître Damiano. « Les ouvertures dans les vitres sont mal placées, ils sont obligés de se contorsionner pour bien se faire entendre. A Nice, on n’est pas trop mal loti, on les voit correctement. » En effet, dans d’autres tribunaux comme celui de Versailles, le box est de biais et la Cour ne voit les accusés que de profil. Autant de problèmes qui ne plaident pas en leur faveur.

La sécurité des tribunaux en jeu

Face aux contestations, la Chancellerie a pour l’instant gelé la construction de nouvelles installations. Le projet n’est pour autant pas abandonné. La question de la sécurité à l’intérieur des tribunaux français reste d’actualité. Egalement avocate au Barreau de Nice où une enceinte en verre est présente depuis déjà quelques années, Karine Plata ne regrette pas son installation : « Il m’est arrivé d’assister à une scène où heureusement, une vitre empêchait la personne de se ruer dans la salle d’audience. Je ne pense pas que les seuls officiers de police présents auraient pu l’en empêcher, sauf en employant la force ou leur arme, ce qui aurait été plus dangereux et traumatisant pour le reste de l’assemblée. » La sécurité semble avoir encore pris le pas sur les libertés fondamentales en France.

Raphaël Redon

Adrian Remy

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