janvier 27

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[FIPA] Les perspectives de marché et les coproductions entre la France et Israël

L’Israël est à l’honneur pour cette 31ème édition du Festival International des Programmes Audiovisuels. Anat Nattel, Hadar Porubanova, Tamar Marom et Paul Rozenberg étaient les invités de Bertrand Le Delezir ce mercredi matin pour discuter des perspectives de marchés et des coproductions entre la France et Israël.

Chaque année, Israël produit entre 18 et 20 fictions, une centaine de documentaires, et entre trois et cinq fictions sont coproduites entre Israël et l’Europe et le Canada. La France est le pays qui coproduit le plus de films avec Israël, devant d’autres pays européens comme la Belgique ou l’Italie. Israël est un petit pays, peu peuplé et doté d’un budget limité. Beaucoup d’animateurs en Israël ont besoin de fonds pour réaliser des films. « La coproduction est fondamentale afin d’organiser de grands événements » évoque Anat Nattel (CoPro).

Hadar Porudanova (Ruth Films) souligne l’« aveuglement » des coproductions françaises sur Israël. Le sujet principal traité reste le conflit israélo-palestinien, qui dure depuis de nombreuses décennies. Pour elle, Israël est un pays très autocritique capable de traiter du conflit selon différents angles mais aussi d’autres domaines, comme le high-tech, l’économie, le sport …

Paul Rozenberg (Zadig Productions) rejoint Hadar Porudanova sur cet « aveuglement ». Pour lui, « quand on veut traiter d’Israël et du Moyen-Orient, on parle conflit et histoire ». Il ajoute qu’Israël est un sujet passionné et passionnel en France. « On touche ça avec des pincettes et on prend plein de précautions avant de diffuser sur une chaîne, de coproduire ». Parler d’Israël dans les médias reste selon lui, un sujet encore délicat. Non seulement, il est dans le collimateur de nombreux pays du Golfe et du Moyen Orient à cause de son conflit avec la Palestine, mais il a été impliqué dans plusieurs controverses. L’exemple le plus flagrant de ces dernières années reste l’affaire Mohammed Al Dura, un enfant de douze ans, tombé sous les balles des Israéliens pour certains, victime d’une fausse mort pour montrer l’agression israélienne pour d’autres.

Les différents protagonistes ont dénoncé l’omniprésence des grandes plateformes de diffusions streaming comme Netflix ou Amazon. Ils défendent les diffusions de séries sur les chaînes câblés, beaucoup plus anciennes que les deux géants américains.

Sacha VIRGA