février 02

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Le tatouage “flash” divise les professionnels

De plus en plus présents dans les salons, les tatouages “flashs” sont en train de s’installer progressivement dans les mœurs des tatoueurs.

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The Body Lounge, un des nombreux salons de tatouages installés à Cannes (© Yeelen Tanche)

Ils arrivent en force chez les artistes tatoueurs, les “flashs”, comme l’explique le responsable du centre Sangpiternel à Cannes, ce sont « des tatouages préconçus par l’artiste, rapides et simples à réaliser, que le tatoueur va proposer à ses clients ». Les principes du tatouage en sont littéralement transformés.

Si le tatouage traditionnel est le fruit d’un choix mûrement réfléchi, le “flash”, quant à lui met l’accent sur la rapidité, une sorte de “tatouage express”. Certains artistes, comme le salon EasyTattoo, en ont fait leur marque de fabrique. Cette entreprise cannoise mise sur ces « petits tatouages peu coûteux, très appréciés de la clientèle saisonnière ». Ils sont « souvent réalisés sur des coups de têtes, inspirés de ceux des stars telles que Rihanna ou encore Miley Cyrus ». Ils deviennent de « véritables modèles à forte demande » et contrastent fortement avec les réalisations classiques singulières.

Une nouvelle pratique qui, selon le responsable du salon EasyTattoo « favorise la démocratisation et la popularité du tatouage ».

Certains artistes n’accrochent pas à la tendance

« Les tatouages “flashs” ne sont qu’un business » explique le patron du salon The Body Lounge, exerçant à Cannes depuis 22 ans. Si des salons ont suivi l’effet de mode, d’autres font encore de la résistance et restent fidèles aux valeurs du tatouage traditionnel. Et même s’il est nécessaire d’en faire pour tenir la boutique, le tatouage “flash” ne définit pas le métier de tatoueur. Une perte de sens pour ce métier où savoir dessiner est une condition obligatoire. « Faire du commerce avec le tatouage, c’est très dur » selon l’artisan cannois. Le tatouage flash fait partie de cette autre vision de la pratique. Motivée par l’argent plus que par la passion, elle peut être dangereuse pour les personnes désirant un de ces tatouages flash

Un autre problème de ce type de tatouage est leur prix très bas, à partir de 50 euros. Le matériel pour se faire tatouer coûte très cher, des prix aussi faibles induisent donc une baisse de qualité des produits utilisés. Une réduction des coûts obligatoire pour un tarif bas mais une grande prise de risque pour le tatoueur et, surtout, le tatoué.

Khémiss ANTONY

Yeelen TANCHE