Greenpeace défie EDF

De nombreux manifestants se sont réunis en face de la mairie et du tribunal correctionnel de Thionville, ce mardi 27 février, pour protester contre le jugement de 8 militants de Greenpeace.

militants-greenpeace-france-thionville-manifestation

Des militants de Greenpeace ont manifesté à Thionville pour soutenir des activistes poursuivis et dénoncer le manque de sécurité des centrales nucléaires. (© Mathieu Obringer)

Des dizaines de militants ou sympathisants de Greenpeace se sont mobilisés à Thionville pour apporter leur soutien à 8 militants de l’ONG. Ces derniers faisaient face à la justice suite à une opération coup de poing menée à la centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, le 12 octobre dernier. Ils s’étaient introduits dans l’enceinte EDF et avaient allumé des fusées près de la piscine d’entreposage des combustibles usés, zone dans laquelle la radiation est deux à trois fois plus élevée que dans le reste du parc. Le but était de dénoncer le manque de sécurité des installations nucléaires en France. EDF a par la suite déposé plainte contre les activistes et contre l’ONG elle-même, représentée par Jean-François Julliard en raison de son poste de directeur général de Greenpeace France. Il leur était demandé plus de 700 000€ de réparation, dont 500 000€ pour « atteinte à sa crédibilité ». « Nous sommes là pour les soutenir, pour se défendre devant la justice, assure Cyril Cormier, responsable des campagnes énergie et climat de l’ONG, montrer qu’il y avait une nécessité d’agir, de démontrer qu’EDF ne fait pas son travail en matière de sécurité nucléaire ».

 

Ils sont venus de toute la France, mais aussi des pays frontaliers. L’appel qu’a lancé par Greenpeace pour soutenir ses activistes a trouvé un écho favorable. « On est tous concernés, en France, au Luxembourg, en Allemagne, en Belgique, en Suisse, tous concernés par le risque nucléaire et par les centrales françaises » explique Cyril Cormier, rappelant que le site nucléaire de Cattenom se situe à quelques kilomètres seulement du Luxembourg. Devant la mairie où se sont réunis les manifestants vers midi, avant le procès, la langue allemande se fait entendre parmi les personnes présentes. Greenpeace n’est pas la seule ONG sur place. Quelques militants d’outre-Rhin sont venus sous la bannière d’Attac, une organisation altermondialiste. « On joue notre rôle de lanceur d’alertes » assure Clément, militant venu de Paris pour soutenir ses partenaires poursuivis par EDF. Ces derniers apparaissent comme des héros aux yeux de certains. C’est le cas de Jean-François, militant Greenpeace originaire de Clermont-Ferrand. Il a fait le déplacement pour l’occasion. « Je les admire déjà parce que je trouve que c’était vraiment nécessaire ce qu’ils ont fait, et puis leur courage tout simplement. Je n’ai pas envie de les laisser tomber à ce moment-là ».

Le soutien des militants n’a pas permis de gracier les activistes poursuivis. Les peines vont de 5 mois de prison avec sursis à deux mois de prison ferme. Jean-François Julliard, quant à lui, écope d’une amende de 20 000€. L’Organisation a décidé de faire appel.

Mathieu Obringer