Mort d’Hubert de Givenchy : ce qu’on retiendra de cette icône de la mode

Après Azzedine Alaïa, c’est un autre grand couturier qui disparaît. Hubert de Givenchy était l’incarnation du chic et de l’élégance tout en sobriété.

Hubert de Givenchy accompagne ses ouvrières sur le podium lors de son défilé d’adieu en 1995. (AFP)

A 91 ans, Hubert Taffin de Givenchy s’est éteint dimanche 10 mars. Celui qui se qualifiait d’« éternel apprenti » avait clôturé sa carrière le 11 juillet 1995 par un défilé dans les salons du Grand Hôtel de Paris. Un défilé qui rendait hommage à ses 80 ouvrières, montées sur le podium sous le feu des projecteurs en blouses de lin blanches. Personnage mythique du monde de la haute couture, Givenchy était un homme fidèle à ses amies, la clé du succès selon lui. Une d’entre elles, l’actrice Audrey Hepburn, a marqué les esprits en devenant sa muse. Elle a porté ses créations dès 1953, un an après la naissance de la marque qu’elle a incarné dans de nombreux films comme Sabrina ou Breakfast at Tiffany’s.

Passionné depuis toujours, Hubert de Givenchy se rend à Paris à l’âge de 10 ans pour rencontrer celui qui devient son mentor, Cristobal Balanciaga. La rencontre ne se fait que quelques années plus tard mais à 17 ans, le couturier s’installe dans la capitale pour suivre les cours des Beaux-Arts, avant de définitivement faire de la mode son métier.

« La robe doit suivre le corps d’une femme et non l’inverse »

Givenchy allie chic et confort à la perfection. « La robe doit suivre le corps d’une femme, et non l’inverse. » déclarait-il. Il crée les « robes-sac » amples qui laissent les femmes libres de leurs mouvements, des pantalons aux tissus légers et des blouses bohèmes. Une fausse simplicité associée à une matière elle aussi faussement simple : le coton. Hubert de Givenchy est également à l’origine des premiers « séparables », une ligne de vêtements coordonnés qui se vendent séparément. Les femmes des années 50 peuvent ainsi assembler une jupe ou un pantalon avec une veste ou un corsage, à leur gré. Plus tard, sur les conseils de Balanciaga, il se lance dans la création de parfums, aujourd’hui encore un produit phare de la maison de couture vendue en 1988 au groupe LVMH. Amoureux de la mode mais aussi de la vie, Hubert de Givenchy affirmait : « Je m’arrêterai de faire des robes mais pas de découvrir. La vie est comme un livre. Il faut savoir tourner les pages. »

Ana Michelot