Les algues bretonnes de plus en plus présentes dans nos assiettes

Vertes, rouges ou brunes, treize espèces d’algues comestibles s’abritent sur les côtes bretonnes. Cette nouvelle tendance culinaire se développe et conquiert de plus en plus de curieux.


Les algues culinaires bretonnes intriguent. Son commerce s’élargit avec le temps, mais reste modeste dans notre pays. La France est le dixième producteur mondial d’algues. La Bretagne en récolte à elle seule 70 000 tonnes par an soit 90% de la production nationale. Seul 1% de cette collecte est utilisé pour l’alimentation humaine. Vincent, responsable de la société Echos Nature rappelle que « les Japonais consomment entre trente et cent grammes d’algues par jour alors que les Français en consomment un gramme. » Les sorties découvertes d’algues se multiplient en Bretagne, et convainquent les amateurs de se tourner vers une nouvelle source d’alimentation.

« L’algue bretonne fait partie de notre patrimoine »

L’algue est à la fois un légume, un condiment et un aromate. Elle est de plus en plus utilisée dans la cuisine pour son goût ou en simple décor. Catherine Le Joncour, chef d’un restaurant spécialisé dans la cuisine aux algues bretonnes, considère que ce produit « fait partie de notre patrimoine » et qu’il faut le développer au niveau économique. Un secteur en plein essor qui emploie 1200 personnes, selon Le Télégramme. Pour Catherine Le Joncour, le but est aussi de revaloriser l’algue : la Bretagne est une région fortement touchée par l’algue verte. Pour changer la vision négative que beaucoup ont de la plante marine, la société Echos Nature propose des sorties découvertes. « L’algue est souvent synonyme de pollution. Cette sortie est faite aussi pour redorer le blason de ce légume » explique Vincent, l’organisateur de l’excursion sur la plage de Préfailles.

La cuisine de demain

« On en est qu’au début de la cuisine aux algues, il y a tout à inventer » s’enthousiasme Catherine Le Joncour. Pour la chef bretonne, il est important de communiquer sur ce produit de la mer qui a du potentiel. Régine Quéva avec qui elle a co-écrit Algues gourmandes aux éditions Flammarion s’exprimait au sujet des algues en janvier dernier au micro de France Bleu : « Il y a un boom pour les algues en ce moment parce qu’on sait tous qu’on est en augmentation planétaire et qu’on a de vrais problèmes pour nourrir l’humanité. On arrive à une saturation en terre, en animaux et on a besoin de protéines. Et les algues sont des protéines de qualité. » L’algue bretonne se consomme déjà en complément alimentaire mais pourrait devenir la nourriture de demain. Catherine Le Joncour croit en l’avenir de ce produit. Elle transmet aujourd’hui sa passion à travers des formations en cuisine.

Plat aux algues

Catherine Le Joncour ajoute de la dulse et de la laitue de mer à sa tarte fine. (crédit : Instagram @tymad_22

Riche en protéines, vitamines et oligo-éléments, l’algue bretonne s’accorde aussi bien aux plats salés qu’aux sucrés. A Plestin-les- Grèves, Catherine Le Joncour a ajouté à la carte de son restaurant « un menu algues de A à Z, du cocktail à la mignardise du café ». Pioka, Nori ou haricot de mer, chaque espèce à sa particularité. Les plantes marines séduisent les grands chefs comme les amateurs. Le site internet Food Algues, tenue par Régine Quéva, propose aux particuliers d’échanger leurs meilleures recettes. Mais il n’y a pas qu’en cuisine que les algues se démarquent. Pour la médecine, elles détiendraient des propriétés anticancérigènes et antidiabétiques. Le mystérieux produit breton renferme bien des secrets qui restent à découvrir.

Aurore COULON