L’éducation en Syrie : enjeu majeur d’une nouvelle société

En France, de nombreuses associations œuvrent pour l’éducation des enfants en Syrie. Un premier pas vers une nouvelle société pour ce pays en guerre.

Education en Syrie

Des enfants à l’école grâce au projet Alphabet réalisé par le Collectif de Développement et de Secours Syrien ( Crédit : Assem Hamsho)

« L’une des nécessités principales aujourd’hui en Syrie est l’éducation des enfants », affirme Majd Massouh, coordinateur du Collectif de Développement et de Secours Syrien (CODSSY) . L’organisation vise une coordination des associations afin de les rendre plus efficaces. Les besoins sont nombreux en Syrie. Les approches humanitaires évoluent.  L’évolution du conflit mène à chercher des solutions durables. Les enfants représentent l’avenir de cette société à reconstruire. Leur éducation est indispensable. Jamil Farah, président de l’association Cœur et Action pour la Syrie, témoigne de cette transition : « Nous nous orientons de plus en plus vers des activités de développement alors que le secours était notre domaine principal avant 2017 ».

Des projets pleins d’espoir

En 2017, l’Unicef recensait plus de 2 millions d’enfants déscolarisés. Un constat inquiétant, au vu de leur rôle à jouer dans la reconstruction à venir. De nombreuses associations françaises mènent des projets de grande envergure pour lutter contre la déscolarisation. Par exemple, Cœur et Action pour la Syrie construit une école au Liban. 400 enfants de 4 camps de réfugiés, du CP à la sixième y seront scolarisés. Le CODDSY tente également de réduire la déscolarisation avec son projet « Alphabet for Alternative Education » : 11 écoles dans des tentes pour 1200 enfants. Le but : que 50% d’entre eux soient diplômés. Le projet offre, de plus, une alphabétisation des parents. Essentielle à la bonne éducation de l’enfant. Ces démarches permettent aux jeunes de récupérer l’avenir dont la guerre les a privés.

 « Avec l’éducation, on abrite les enfants des dangers »

« Ça dépasse le fait d’éduquer l’enfant, ça fait évoluer la société » : Majd Massouh rappelle l’enjeu vital de l’instruction dans les pays en guerre. « Avec l’éducation, on abrite les enfants des dangers ». Un enfant syrien fait face à des obstacles qui le dépassent. La solution peut être l’éducation : « Éduqué, il y a moins de chances qu’il fasse un travail d’enfant, que les filles soient mariées de force, moins de chances de mendicité ou que les jeunes rejoignent des groupes armés ». Majd Massouh rappelle que naître en Syrie prédestine les enfants à un certain avenir : « Les gens rejoignent les groupes armés car ils ne peuvent rien faire, c’est le seul moyen de survivre ». L’éducation redonne à ces enfants une chance d’avenir.

Lou Florentin