juin 10

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Côte d’Azur : ciel bleu sur la formation sportive

 

La Côte d’Azur attire les jeunes sportifs avec une concentration exceptionnelle de clubs professionnels et de centres de formation. Les jeunes azuréens ont ainsi plus d’opportunités d’atteindre les plus hauts niveaux sportifs.

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Les jeunes du centre de formation du club de handball de Saint-Raphaël avant l’entraînement. Crédit : Guillaume Laclotre

 

Le Var et les Alpes-Maritimes comptent douze centres de formation agréés. Ces structures forment des jeunes de la région, comme Théo Gaspari, pivot des espoirs du Saint Raphaël Handball, mais aussi du reste de la France au football, basket, volley, handball et rugby. Une abondance particulièrement visible pour le volleyball. En effet, la Côte d’Azur héberge 3 centres de formation sur les 17 reconnus par le Fédération Française de Volley, une exception au niveau national.

 « PACA est une des premières régions dans le sport de haut niveau » notamment via la formation, grâce à « une dynamique régionale importante » explique Véronique Sauvageot, directrice du CREPS d’Antibes (Centre de ressources, d’expertise et de performance sportives, responsable de l’entraînement et de l’accompagnement des sportifs de haut niveau dans les Alpes Maritimes). « Lorsqu’au niveau national, les fédérations décident d’implanter des pôles ou des structures d’accès au haut niveau, elles choisissent des endroits où il y a un vivier » souligne-t-elle.

 Les clubs formateurs font confiance à leurs jeunes

 « On a toujours fait de la formation, encore plus maintenant, c’est la nouvelle politique du club » souligne Benjamin Paviani, entraîneur des cadets au centre de formation de basketball des Sharks d’Antibes. Le club entend désormais plus intégrer leurs jeunes au groupe professionnel, et moins recourir au recrutement de joueurs étrangers. A l’autre bout de la Côte d’Azur, le responsable sportif du centre de formation du Hyères-Toulon Var Basket, Mickael Pivaud fait part d’une réelle satisfaction : « Le rapport nombre de licenciés/joueurs qui arrivent à sortir des centres de formation pour devenir professionnel est bon. Le taux de rentabilité est très intéressant ». L’entraîneur varois rappelle aussi que « 70% des joueurs ne sont pas originaires de la région ».

Reda Diabi, âgé de 21 ans et originaire de la région parisienne, liste les raisons de sa venue à Toulon malgré les sollicitations d’autres centres de formation : « Je suis essentiellement venu parce que je pouvais avoir des responsabilités et plus de temps de jeu ». Il décrit son passage au centre de formation de Cholet Basket, où il ne jouait pas beaucoup. Venir à Hyères-Toulon lui donne de meilleurs opportunités pour se montrer sur les terrains.

 

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Le club d’Antibes cherche à intégrer ses jeunes dans son équipe professionnelle. Crédit : Guillaume Laclotre 

 

Des conditions optimales pour les jeunes sportifs

 « Il y a un réel soutien des partenaires locaux » déclare Benjamin Paviani des Sharks, bien que cela ne constitue pas la totalité des fonds de la formation sportive. Dans une région où les plus de 60 ans représentent un quart de la population selon l’INSEE, les  élus locaux appuient les projets qui mettent les jeunes avant. Aussi, les infrastructures publiques sont de qualité. « Sur la région, il y a un CREPS avec trois sites qui développent des disciplines différentes » relate Véronique Sauvageot. « Le Creps PACA est labellisé GRAND INSEP, c’est un gage de qualité ». Ce label permet aux jeunes sportifs d’intégrer l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP), le centre d’entraînement des champions français. Quant aux conditions de vie, elles ne sont pas étrangères à cette réussite. Des arguments que met en avant Benjamin Paviani : « Le climat ça aide, le sport en extérieur est beaucoup plus plaisant et pratique. En football, en athlétisme, il y a un besoin de bonnes conditions pour s’entraîner tous les jours ».

Les acteurs azuréens de la formation s’accordent à dire que les structures de formation sont en pleine progression et disposent de résultats probants. A l’instar de Mickaël Pivaud qui confirme « une vraie dynamique ». Mais il y a encore une marge avec les plus gros centres français. En effet l’AS Monaco fait figure d’exception en étant classé deuxième meilleur centre de formation par la fédération française de football. En Basket, les espoirs de Hyères-Toulon et d’Antibes arrivent respectivement 14ème et derniers des 18 équipes de leur championnat. En rugby, l’école du RC Toulon est classé 9ème centre de formation du top 14 par la ligue de rugby.  En conséquence, les meilleurs joueurs qui en sortent sont contraints de s’expatrier pour jouer à un meilleur niveau. C’est le cas de Timothé Luwawu-Cabarrot formé à Antibes, parti jouer en Serbie où il a été élu meilleur joueur de la saison régulière avant d’être drafté (sélectionné) par l’équipe de Philadelphie en NBA. Ou encore celui de Kyllian Mbappé, qui après une saison folle dans son club formateur Monaco, est parti à Paris en recherche de progression à l’image de Zinedine Zidane, formé à l’AS Cannes.

 

 

Arno Tarrini

Lounès El Mahouti

Guillaume Laclotre