septembre 21

Coupe Davis : dommage, c’était bien…

La Coupe Davis de tennis, qui vit sa dernière édition avant d’être totalement modifiée, a encore offert un week-end riche en spectacle et en émotion lors de la demi-finale entre la France et l’Espagne (3-0). De quoi regretter, une nouvelle fois, la décision des dirigeants de vouloir réformer l’épreuve.

La demi-finale de Coupe Davis, disputée ce week-end à Lille entre la France et l’Espagne (victoire française 3-0), a rappelé combien cette compétition en passe d’être supprimée a de l’importance aux yeux des joueurs français et de leurs supporters. Julien Benneteau a par exemple accepté de sortir de sa récente retraite le temps d’une nouvelle sélection en Bleu (victoire en double à la clé, avec Nicolas Mahut). Quant à Benoit Paire (54e mondial), titularisé pour la première fois en équipe de France, il n’a pu retenir quelques larmes quand a retenti la Marseillaise avant son match. Transcendé par l’événement, l’Avignonnais a réalisé une grande performance pour dominer Pablo Carreno Busta, 21e au classement ATP, sur le score de 7-5, 6-1, 6-0. Et que dire de celle de Lucas Pouille (19e mondial), qui, pourtant en difficulté depuis le début de la saison, s’est transformé pour remporter un combat long de 3h40 en cinq sets (3-6, 7-6, 6-4, 2-6, 6-4) contre Roberto Bautista Agut (26e)…

La fameuse « magie de la Coupe Davis », avec des matchs à rallonge, des joueurs galvanisés et un public chauffé à blanc a donc encore opéré ce week-end, au sein du stade Pierre Mauroy. Il se pourrait qu’elle disparaisse en 2019 avec le changement de formule validé il y a un mois par les dirigeants de la Fédération Internationale de Tennis (ITF). À partir de l’an prochain, l’épreuve se jouera sur deux semaines (une en février, une en novembre), avec des rencontres très raccourcies (deux simples et un double, toutes en deux manches gagnantes, contre quatre simples et un double en trois manches gagnantes à l’heure actuelle). Surtout, toutes les rencontres se joueront au même endroit. En Asie ? À Madrid ? À Lille ? Les rumeurs vont bon train. Toujours est-il que la plupart des matchs se dérouleront sur « terrain neutre » pour les nations participantes (à l’exception du pays organisateur).

Une réforme purement économique ?

En France, le président de la FFT Bernard Giudicelli a voté en faveur de cette réforme de l’épreuve. Un choix vivement critiqué par les joueurs et les supporters. Les « conservateurs » critiquent un vote qu’ils considèrent purement économique. La réforme verra en effet rentrer dans la danse un nouveau partenaire commercial, chargé du développement de la nouvelle formule de compétition : le groupe industriel Kosmos. Ce partenariat devrait rapporter entre 2,5 et 3 milliards d’euros à l’ITF sur 25 ans. Le prize money reversé aux joueurs devrait considérablement augmenter (au minimum vingt millions d’euros leurs seront garantis chaque année) afin d’appâter les meilleurs tennismen de la planète. En guise de protestation contre ce tennis jugé bling-bling, un mouvement en ligne été lancé avec le hashtag #changeitback au niveau international pour que les élus reviennent sur leur décision :

La Coupe Davis est-elle « morte », comme l’ont dit notamment Nicolas Mahut ou encore Arnaud Clément, ex-joueur et ex-entraîneur de l’équipe de France ? On ne le saura véritablement qu’à la fin de l’édition 2019. Mais une chose est sûre, la Coupe Davis ne sera plus comme avant. Dommage, car avant, c’était bien.

Hugo Scherrer