[Mouans-Sartoux] À nous, à nous la sécurité !

Le dispositif de sécurité n’est pas incompatible avec le thème de la liberté

Hier encore, les piétons et les automobilistes se croisent dans le centre-ville de Mouans-Sartoux. Dès aujourd’hui, le dispositif de sécurité change radicalement la physionomie de la ville : l’avenue de Cannes où se déroule le gros du festival est piétonnisée pour l’occasion ; “Il y a trois ans, après les attentats, la préfecture nous a imposé la piétonnisation de l’axe principal du festival, explique Vincent Corbier, chargé de l’organisation générale du festival, C’est un mal pour un bien, ça fait plusieurs années qu’on essayait de le faire, mais c’était compliqué vis-à-vis des habitants.

La liberté n’est pas bridée pour autant
Outre la piétonnisation, le dispositif de sécurité est important : portiques détecteurs de métaux à l’entrée des espaces littéraires – avec également des barrières et un grillage -, une douzaine de vigiles qui fouillent les sacs des visiteurs. Ce qui semble contraster avec le thème du festival de cette année : la liberté. Pas pour Vincent Corbier : “La sécurité ne nous empêche pas d’aborder librement ce qu’on veut aborder, aucune manifestation ou performance n’a été interdite à cause des consignes de sécurité.

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Des barrières ont été posées tout le long de l’avenue de Cannes pour réguler les passages de piétons. Photo Gaspard Flamand

Une obligation, pas une priorité
Les consignes de sécurité sont édictées par la préfecture des Alpes-Maritimes, elles sont obligatoires pour obtenir l’autorisation d’organiser l’événement. Elles sont appliquées sans état d’âme par les organisateurs : “La sécurité, c’est aussi du domaine de la responsabilité. S’il arrive quoi que ce soit aux visiteurs, c’est de ma faute. Pas que pénalement mais aussi moralement. C’est pour ça qu’on se doit d’être prudents.” Pour autant, selon Vincent Corbier, la sécurité n’est plus une préoccupation des visiteurs : “En 2016, après les attentats qui ont touché la région, certains visiteurs étaient inquiets. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Le dispositif de sécurité rassure certains festivaliers, ça en embête d’autres.
La sécurisation du festival est toutefois peu contraignante. Le plus important : l’esprit du festival reste intact.

Lounès El Mahouti