Déni de grossesse : en parler, en faire un film

Pendant 3 jours, l’ancienne école de gendarmerie de Libourne (ESOG) a accueilli le tournage du téléfilm « 3,3Kg ». Réalisé par Bruno Garcia et avec notamment Alix Poisson et Bruno Solo, c’est un sujet de société, le déni de grossesse, qui est abordé.

« Silence… action ! ». Pendant trois jours, ce sont ces mots qui ont rythmé le plateau de tournage du film « 3,3Kg » à l’ancienne école de gendarmerie de Libourne. Un titre, une unité de mesure, qui fait référence au poids moyen d’un bébé à la naissance… et ce n’est pas pour rien.  Le téléfilm, qui sera diffusé sur France 2, aborde le thème du déni de grossesse. Le personnage principal, Johanna, 37 ans, est une femme avec une vie où tout va pour le mieux, tant sur le plan professionnel que personnel. Jusqu’au jour où elle accouche, seule, dans sa salle de bain. Elle ne comprend pas, mais le diagnostic est formel : elle a fait un déni de grossesse.

Un fait de société peu traité au cinéma, mais qui a tout de suite plu au réalisateur. « Quand j’ai lu le scénario pour la première fois, je me suis dit que je ne pouvais pas ne pas faire ce film. C’est un très beau sujet, qui me tient à cœur, explique Bruno Garcia. Beaucoup de gens pensent que ce n’est pas possible, que ça n’existe pas. C’est pourquoi il est important d’en parler. » Pour ce qui est de la forme, le choix de la fiction s’est imposé naturellement. « C’est sans doute un moyen de sensibiliser et de toucher plus de monde sur ce genre de sujet. Même si c’est une fiction, tout est vrai, précise le réalisateur. Des femmes se retrouvent réellement dans ces situations. Et nous avons une mission en faisant ce film : créer une vraie empathie. »

« C’est un sujet tabou dans la société »

Pour jouer le rôle de Johanna, c’est Alix Poisson, personnage principal dans la mini-série « Parent mode d’emploi » qui a été choisie. « C’est un film très bien écrit, qui questionne notre rapport au monde, confie l’actrice. Il est important de se dire qu’il doit exister, c’est un film nécessaire, car c’est un sujet tabou dans la société. » En 2009, elle avait tenu le rôle principal dans « Parcours meurtrier d’une mère ordinaire : l’affaire Courjault ». Un film qui revenait sur « l’affaire des bébés congelés », qui avait placé le déni de grossesse au centre des débats. « Je m’étais énormément documentée pour ce rôle. C’est donc un sujet que je connais. » Alix Poisson, avant de donner vie à ses personnages, les travaille de plusieurs manières. « Je prépare beaucoup mes rôles. Je lis, mais j’écoute aussi des musiques qui peuvent m’aider à préparer une scène, des musiques qui me parlent, continue-t-elle.Après, Johanna n’est préparée à rien. Elle a un travail, un mari, un enfant, et c’est comme si elle prenait un 36 tonnes lancé à pleine vitesse. Il ne fallait donc pas trop se préparer non plus, et rester dans le moment présent. »

Après 22 jours de tournage, la post-production devrait être terminée début décembre. En revanche, aucune indication sur la date de diffusion. Pour voir le résultat final sur votre petit écran, encore un petit peu de patience.

 

Gaspard Flamand