[Mouans-Sartoux] 50 ans de libération féminine

MLF

“Mai 68 c’était énorme”, se souvient Annie Durante, militante au Mouvement de libération des femmes (MLF).

C’est à cette période que de nombreuses femmes ont pris conscience que les hommes étaient au centre de la révolution sexuelle. Antoinette Fouque créé le MLF en octobre 1968, un mouvement représenté uniquement par des femmes. Tout débute par des réunions et des meeting dans les universités. La parole se libère entre femmes.

L’avortement, la contraception, la lutte contre le viol, la parité…le combat commence. En 1971 c’est le début d’une grande mobilisation avec la première manifestation pour la liberté de procréer. “C’est à nous de décider si on veut des enfants, quand on les veut et combien”, s’exclame l’ancienne professeure de lettres. La même année, la journaliste Nicole Muchnik publie l’Appel des 343 femmes. “Ce ne sont pas des personnalités, ni des salopes juste des femmes”, s’indigne Annie Durante. La première consécration arrive en 1975 grâce à la légalisation de l’IVG. Les militantes de la première heure se remémorent une anecdote : “Simone Veil était amie avec Antoinette Fouque, elle lui avait raconté que Giscard d’Estaing avait dit « j’en ai marre de voir les femmes dans la rue il faut que vous fassiez quelque chose »”. Des rassemblements ont lieu partout en France et depuis 1973 avec des femmes étrangeres. Gabrielle Freze, militante depuis les débuts du mouvements, a participé à la mobilitation en 1982 à Marseille, pour dénoncer la peur permanente que ressentent les femmes lorsqu’elles sortent dans la rue, en particulier la nuit. “On a rempli la moitié de la Canebière, on devait être environ 700, un exploit dans une telle ville la nuit.” raconte-elle. Les membres du MLF ne sont pas encartées, c’est un groupe libre, ce qui permet à toutes les femmes de participer à leurs actions. “ Des femmes d’autres partis, souvent gauchistes, nous ont même rejoint” ajoute Gabrielle Freze. Le MLF rend aussi des hommages comme le 8 mars 1993, lors d’une grande manifestation organisée à Paris en soutient aux victimes de viols de guerre en ex-Yougoslavie.

L’exposition itinérante est à découvrir sur le mur extérieur de l’espace A.

Un mouvement contesté

Dès sa création le mouvement est critiqué pour sa non-mixité.Associées aux éditions des femmes, les militantes produisent des journaux. “Antoinette Fouque voulait que les choses soient écrites”, insiste Annie Durante. Les quotidiens, hebdos et mensuels distribués dans les librairies sont boycottés “Après on a du arreter parce que ça a un coût” dépore-t-elle. La presse de l’époque n’a fait que renforcer ce boycott : “On avait aucun article dans la presse, pas un. On a toujours été refoulées”. Mais elles n’ont jamais renoncé, les éditions Des femmes organisent quatre évènements aujourd’hui : une projection de film sur le MLF à 11h00, un débat à 13h00 suivi d’une séance de dédicace à 15h30 et une exposition en libre accès.

Ana Michelot et Aurore Coulon