[Mouans-Sartoux] A l’aube de l’engagement

Edgar Morin, Maïssa Bey, Boris Cyrulnik, Eric Dupond-Moretti, Alain Touraine… Leur point commun ? Leur dernier ouvrage est édité par Les Editions de l’aube, l’invité d’honneur du 31e Festival du livre. “L’aube est là depuis plusieurs années, et elle partage les valeurs du festival”, souligne l’organisation du festival pour justifier ce choix. Grâce à cette marque de reconnaissance, l’éditeur a pu profiter d’un “grand stand bien placé”, se réjouit Marion Hennebert, co-créatrice des Editions de l’aube. L’occasion d’exposer des ouvrages d’écrivains qui ne sont pas présents ce week-end, tels que celui de Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les hommes et les femmes.

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Marion Hennebert (à gauche), en compagnie d’Edgar Morin et de sa compagne. (Photo Adrian Rémy)

Venir à Mouans-Sartoux, Marion Hennebert en a l’habitude, depuis longtemps. “D’ailleurs, mon mari, le sociologue Jean Viard, et moi-même avons créé L’aube en 1987, date de naissance du festival”, souligne-t-elle. Pour l’éditrice, cette manifestation permet principalement de rencontrer les lecteurs. “C’est comme ça qu’on évolue, en écoutant les avis et critiques de nos fidèles.” Car oui, Marion Hennebert insiste bien sur le terme “fidèle”, l’une des principales caractéristiques des festivaliers, selon elle.
Cet événement permet également de rencontrer des auteurs. “Même si, ce n’est pas ici que l’on trouve nos nouveaux écrivains à publier”, avoue l’ancienne professeure. En habituée des festivals, l’éditrice sillonne la France, la Belgique et la Suisse, au rythme des nombreux rendez-vous littéraires. Elle sait de quoi elle parle.

Un éditeur engagé

Depuis trois décennies, L’aube suit une ligne éditoriale impliquée, qui rejoint des idéaux prônés par le festival. “Dans nos ouvrages, on veut une réflexion sur les faits de société”, explique Marion Hennebert. C’est pourquoi, la maison d’édition n’a pas hésité à publier de nombreux ouvrages d’auteurs qui mènent des combats, en France et à l’étranger. En 1991, elle publie un essai de Vaclav Havel, révolutionnaire, qui deviendra par la suite président de la Tchécoslovaquie, puis de la République Tchèque. En 1997, c’est au tour du Chinois Gao Xingjian d’être diffusé par L’aube. Trois ans plus tard, il recevra le Prix Nobel de littérature pour une oeuvre en faveur de la liberté de l’écrivain.
Aujourd’hui encore, nombre de luttes sont portées par les écrivains du catalogue : le droit à la liberté défendu par l’avocat Eric Dupond-Moretti, la libération de la parole féminine en Algérie revendiquée par Maïssa Bey, ou encore la sauvegarde des valeurs républicaines assumée par Edgar Morin. Une identité fondatrice, que Jean Viard et Marion Hennebert souhaitent faire durer encore longtemps.

Bastien Blandin