Un Français sur cinq est en situation de précarité alimentaire

Alors qu’Emmanuel Macron a présenté jeudi 13 septembre le plan de lutte contre la pauvreté, le dernier baromètre Ipsos-Secours populaire a publié deux jours avant une étude alarmante sur la précarité alimentaire en France, qui révèle qu’un Français sur cinq n’a pas les moyens de se nourrir correctement. 

C’est une mesure attendu par les Français et l’opposition, le très controversé plan de lutte contre la pauvreté qui est chiffré à plus de 8,5 milliards d’euros sur quatre ans. En effet, selon l’INSEE c’est plus de huit millions de personnes qui vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté, et selon le ministère de l’agriculture environ quatre millions de Français ont recours à l’aide alimentaire comme le Secours populaire où la croix rouge. Les principaux bénéficiaires de ces dons sont les chômeurs, les familles monoparentales, les travailleurs précaires, les retraités aux petites pensions et les jeunes non qualifiés. Lorsqu’un ménage rencontre des difficultés financières, le poste budgétaire consacré à l’alimentation est souvent restreint. Dans certaines situations, ces difficultés peuvent conduire à l’insécurité alimentaire, c’est-à-dire à un accès limité et irrégulier à une nourriture saine et équilibrée.

Selon l’étude 2018 d’Ipsos-Secours populaire, 21% des sondés déclarent ne pas pouvoir s’offrir une alimentation saine et 48% des foyers les plus modestes, qui perçoivent moins de 1200 euros net par mois, assurent avoir du mal à s’offrir les trois repas recommandés par jour. 

Une inquiétude qui ne cesse d’augmenter 

Ce phénomène de précarisation inquiète l’avenir des Français. En effet, plus de 80% des sondés estiment que leurs enfants pourraient basculer sous le seuil de pauvreté monétaire. En 2016, une étude du ministère de la santé démontrait que les crédits de l’Etat dédiés à l’aide alimentaire s’élevaient à 34,7 millions d’euros, notamment ceux dédiés aux banques alimentaires qui remettent 212 millions de repas aux plus  démunis. Pour de nombreuses familles, respecter les recommandations alimentaires telles que consommer du poisson, de la viande deux fois par semaine ou encore cinq fruits et légumes par jour est au delà de leurs moyens. Pour l’exécutif, la question est donc de savoir comment enrayer ce cercle vicieux où la mauvaise nutrition augmente les dépenses de santé des plus pauvres puisqu’elle favorise l’apparition de pathologies telles que le diabète ou l’excès de cholestérol. 

Parmi les principales mesures du plan contre la pauvreté d’Emmanuel Macron, deux concernent la précarité alimentaire. En effet, le gouvernement prévoit notamment de remettre des petits déjeunés à chaque élève d’écoles primaires, situées en zone prioritaire. Lors de son discours, le Président de la République a promis « un accès à la cantine plus universel » en ajoutant que cette mesure permettrait « à tous les enfants de commencer la journée dans les mêmes conditions ». Par ailleurs, il sera prévu d’appliquer une tarification sociale permettant aux familles les moins aisées de payer seulement 1 euros le repas de leurs enfants.

Enfin, à quelques mois des élections européennes et alors que le renouvellement du Fond européen d’assistance aux démunis (FEAD) qui arrive à échéance en 2020, n’est pas assuré, 75% des sondés considèrent que l’UE « ne s’investit pas beaucoup » dans la lutte contre la précarité alimentaire.

Valentin RIVOLLIER