Les Sharks dans la crise sportive

Les Sharks d’Antibes sont dans une situation bien délicate en Jeep Elite, la première division de basket en France. Dernier du classement, six défaites en six matchs, triste de bilan d’une équipe en crise. Comment l’expliquer ?

Drôle d’ambiance, vendredi soir, autour de la sublime Azurarena d’Antibes. Sur les 5 000 places que comporte la salle antiboise, seuls 2 500 spectateurs se sont déplacés pour la réception de Chalon-sur-Saône. Et pour cause, le club de basket azuréen est plongé dans la crise sportive. Bon dernier de Jeep Elite, les Sharks n’ont toujours pas gagné cette saison. Ce qui, forcément, ne plaît pas aux supporters.

Des fans, qui n’ont pas retrouvé le sourire au cours de la partie. Les Sharks se sont inclinés lourdement 63 à 100. Les supporters antibois ironisent alors : “Les 100 points, les 100 points, …” Un chant qui résonnait dans une salle creuse. L’ambiance morose s’est prolongée en après-match, où se sont exprimés Julien Espinosa, le coach d’Antibes et son joueur Max Kouguere. Le joueur qui, les larmes aux yeux, évoque alors “la honte de venir vous parler. C’est une honte pour moi de perdre comme ça.” Alors comment expliquer cette crise sportive ? Les raisons sont à trouver plus dans les valeurs de l’équipe que sur le plan technique selon Julien Espinosa : “Les défaites, je les assume personnellement. Ce sont mes 6 défaites. Autant l’irrespect pour le club, je l’ai en travers.” Max Kouguere partage ce triste constat, lui et ses coéquipiers “ne donnent rien sur le terrain”.

L’an dernier déjà, l’équipe azuréenne s’était maintenue de justesse, en terminant 16ème (première place non relégable). Pour l’exercice 2018-2019, Antibes imaginait un meilleur départ. Jean-Denys Choulet, entraîneur de Chalon, estime que ce n’est pas “une équipe composée de joueurs d’opérettes”. Mais pour l’instant, “on se comporte comme des enfants gâtés” affirme l’entraîneur des Sharks. Une seule chose à faire pour sortir de l’impasse, “travailler et se bouger les fesses” lance Max Kouguere. Pour Julien Espinosa, plus jeune coach du championnat, “il faut protéger cette institution d’Antibes. On n’est toujours pas l’équipe qui défend ce club”. Le coach parle d’orgueil, d’amour du maillot, tant d’ingrédients qu’il faudra mettre sur le terrain lors des futurs rencontres pour ranimer la flamme avec les supporters.

Guillaume Laclotre et Bastien Blandin