novembre 04

Thimothé Poissonnet : humoriste adepte de l’humour « séquentiel »

De passage à Cannes le 11 octobre 2018 pour son spectacle « Le Bocal », nous avons rencontré l’humoriste Thimothé Poissonnet, étoile montante de l’humour, ayant déjà remportés de nombreux prix lors de Festivals.

Á l’heure d’une société « zapping », portrait de cet adepte de l’humour séquentiel, en tournée dans toute la France et toujours en quête de surprise.

As-tu toujours été drôle ?

Je crois que ça se voit non ? (Rire). Depuis que je suis petit, j’ai toujours été un peu le boute-en-train, le mec qui faisait rire les copains… J’ai envie de dire oui. Mais étais-je drôle pour tout le monde ? C’est une autre question, j’étais drôle pour mon entourage au moins.

Comment procèdes-tu pour écrire tes sketchs ?

J’ai un univers hyper particulier qui s’appelle l’humour séquentiel, j’essaye de toujours surprendre le public. Dans mon spectacle, vous êtes étonnés toutes les 10 secondes. J’essaye vraiment de vous emmener dans des endroits où vous n’avez pas l’habitude d’aller. Pour écrire mes sketchs, j’use vraiment de mon expérience personnelle, ce que je vois dans la société, ce qui me fait marrer. Ce qui me fait rire moi ferra probablement rire d’autres personnes. Sur scène, je suis comme un gosse de 8 ans. Je m’inspire de pleins de choses.

De manière plus pratique, vous notez vos idées ? Comment ça se passe ?

Oui, dès que j’ai une idée, je la note dans mon carnet. J’ai pleins de petites blagues en stock. Parfois même je mange avec des gens qui me font rire et instinctivement je note ce qu’il se passe… Même mon régisseur me fait rire.

Quel est ton parcours jusqu’à présent ?

J’ai un master de management en tourisme, ce qui n’a rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui, mais je voulais avoir un diplôme en poche avant de me lancer vraiment à fond dans ce métier. Je voulais avoir la tête bien faite, posséder un bagage.

Ce diplôme faisait-il aussi office de roue de secours ?

Non parce que je sais depuis tout petit que je veux faire comédien. Je pensais qu’étudier me permettait de fixer un cadre, une marche à suivre. J’ai intégré peu après les cours Cochet (NDLR : une école de théâtre) qui m’ont permis d’aimer le théâtre classique. J’ai pu aussi gagner en rigueur. Plus largement, je fais du théâtre depuis bien plus longtemps, j’ai fait des spectacles de rue mais j’allais aussi dans les cinémas et j’essayais de faire rire les spectateurs avant le début des séances.

Il vous arrive de bider en plein spectacle ?

(Il hésite) Je ne l’ai jamais vraiment ressenti. Sûrement quand je fais une blague que je trouve excellente et que la réaction du public n’est pas à la hauteur… Mais ça ne me fait plutôt rire en vrai, je pense que ça m’aurait vraiment freiné à mes débuts. Aujourd’hui, j’essaye de nouveaux trucs et ça ne marche pas toujours. Je me remets beaucoup plus facilement en question, alors qu’à mes débuts, j’aurais plutôt mis ça sur le dos du public. J’ai un univers tellement particulier, qu’un bide serait presque une réussite.

Dans vos spectacles, tout est écrit ou vous improvisez aussi ?

98% est écrit, même les moments où l’on pense que c’est improvisé, c’est quand même écrit. Il y a peut-être 2% du spectacle qui s’improvise en fonction de ce qu’il se passe avec le public. Après, les moments que je préfère, restent ces moments d’improvisation. Cela fait 3 ans que je joue ce spectacle, j’aime beaucoup le jouer et je pourrais encore le jouer des années, mais j’aime vraiment me faire surprendre par le public et c’est ce qui me fait le plus rire.

Selon vous, existe-il des sujets que l’on ne peut pas aborder dans le monde du rire ? Peut-on « rire de tout, avec tout le monde » ?

Non, il y a des sujets que l’on ne peut pas aborder avec des gens intolérants. Néanmoins, je pars du principe que l’on peut rire de tout. Je ne pense jamais aller trop loin, je donne mon avis sans montrer du doigt, je ne suis pas moralisateur. Il faut que ça reste bienveillant. Ne jamais installer la gêne. Et puis, l’humour a un réel rôle à jouer en société. Vous pouvez égailler des soirées en étant drôle. Imaginez un instant si vous viviez un an sans rire ? Clairement, ce ne serait pas possible.

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A l’avenir, vous avez des projets ?

Peut-être faire un peu de cinéma… Mais globalement, j’évolue dans un milieu très instable : on peut passer de tout en bas à tout en haut, comme de tout haut à tout en bas très rapidement… Il y a des gens qui font un buzz dans leur vie et puis plus rien. Le plus dur est de rester tout en haut. Et puis devenir célèbre n’est pas forcément pas facile, j’en connais qui n’apprécie pas particulièrement. Il faut avoir les épaules. Mais cette finalité de pouvoir vivre de sa passion est vraiment géniale. En France, il n’y a peut-être que 1% de la population qui fait ce qu’il aime. Chaque semaine je suis dans une ville différente. C’est une chance.

 

Propos recueillis par Clara Monnoyeur et Julien Raymond