Alzheimer Trait d’Union n’oublie pas les malades d’Alzheimer

Le 21 septembre symbolise la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer. En France, ce n’est pas moins d’un million de malades, souvent de plus de 65 ans. À Cannes, l’association Alzheimer Trait d’Union se mobilise tout au long de l’année pour éveiller les consciences face à la maladie.

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Les ateliers se font en petit comité, et toujours dans la bonne humeur. (Crédit photo : Mathieu Obringer)

Une maladie neurodégénérative, touchant plus d’un million de personnes en France, c’est l’une des principales caractéristiques d’Alzheimer. Cette maladie est aujourd’hui la quatrième cause de mortalité en France avec 100000 décès par an selon France Alzheimer. Chaque année, des milliards d’euros sont consacrés au profit des personnes atteintes, des aidants, et de la recherche. Pourtant, il n’existe toujours aucune solution pour vaincre Alzheimer. Alors, à raison de ne pas pouvoir agir à la source de la maladie et soigner ainsi des milliers de personnes, la ville de Cannes met ses services à profit des familles et des malades. Des infrastructures et des aides aux associations sont continuellement présents. Samedi 22 septembre, en collaboration avec la mairie de Cannes, l’association Alzheimer Trait d’Union a organisé une après-midi confection de cerf-volant, pointe de la Croisette. « Le choix de l’activité nous a paru clair. C’est un jeu de mot entre le cerf-volant et le cerveau lent, qui est en lien avec la maladie. En dehors de l’aspect comique, ça leur permet de se retrouver avec d’autres générations et faire travailler leurs sens de façon ludiques », explique Jean-Pierre Polydor, président de l’association Alzheimer Trait d’Union et neurologue Cannois.

Des infrastructures accessibles à tous
En 2012, l’association veut voir plus grand et lance un nouveau projet. Un jardin pour les personnes atteintes d’Alzheimer, composé de plantes aromatiques, de fleurs odorantes colorées et de divers types d’arbres, qui sont propice à une relaxation naturelle et à la mobilisation de tous les sens pour les personnes atteintes de cette maladie neurodégénérative. Depuis son ouverture, le jardin Anne Girardot accueille familles et malades, une à deux fois par mois dans ateliers sensoriels, permettant aux malades d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ou de maisons de retraites venant de la Côte d’Azur. « Grâce à ces ateliers, on essaye de faire revenir des souvenirs aux personnes atteintes de maladies neurodégénératives, comme Alzheimer, et il y en a beaucoup d’autres », explique Christine Thivillier, retraitée bénévole, secrétaire de l’association et en charge de ces ateliers mensuels. Au cours du dernier rassemblement, c’est la figue qui était à l’honneur. Dégustation, chant, poésie, les cinq sens sont sollicités au cours de ce temps partagé ensemble. Les malades ont pu découvrir des biscuits à la figue, et chanter tous en cœur un petit air de Jean Ferrat, à l’ombre bleue des figuiers.

Un besoin pour les malades
Même si ce jardin est une grande première pour les jardins publics en France, on en retrouve fréquemment dans les EHPAD et maisons de retraites. Mais ces espaces communs comportent cependant quelques limites. L’accès est limité, contraignant, et privatif. « Ces jardins ne sont pas accessibles aux patients qui vivent encore chez eux ou avec leur famille. En construire un dans un espace public leur donne accès à ces jardins et à ces activités », argumente Christine Thivillier. Malades, aidants et familles peuvent alors profiter de cet espace plein air, dont chaque plante a été précautionneusement choisie par l’association pour ces vertus liées aux cinq sens. Les malades sont les premiers concernés par ces ateliers, qu’ils considèrent comme une chance, à l’image de Jill, résidante d’une maison de retraite. « On nous a apporté beaucoup de choses, ça nous a complété notre savoir beaucoup plus facilement. Ça nous permet d’être un peu plus ouvert sur beaucoup de choses. » Ils sont tous de cet avis, les ateliers sont pour eux un moyen de se rappeler leur enfance, ainsi que des souvenirs plus récents. Avec leurs actions au sein des maisons de retraite azuréennes, l’association cherche à s’élargir dans l’hexagone. De ce fait, ils pourront aider de façon plus concrète à l’échelle nationale pour n’oublier aucun malade.

 

Gwenaëlle Souyri
Mathieu Obringer
Yeelen Tanche