Women Wage Peace : des femmes rassemblées pour mettre fin au conflit israélo-palestinien

Le mouvement Women Wage Peace rassemblent des femmes d’origines et d’horizons totalement différents dans un but : parvenir à un accord de paix entre Israël et la Palestine.

Women Wage Peace est né en 2014 peu de temps après la guerre de Gaza. Le mouvement regroupe des femmes (mais pas seulement) israéliennes, juives, musulmanes et chrétiennes, religieuses ou athées, et de toust bords politiques autour d’un unique slogan : « Nous choisissons la vie – Nous exigeons un accord politique ! ». Aujourd’hui elles sont plus de 35 000 à en faire partie. Women Wage Peace est donc apolitique et se décrit comme un mouvement citoyen en croissance rapide voulant exercer une influence sur la scène publique. Elles désirent une solution non-violente, respectable et acceptable pour les deux partis : Israeliens et Palestiniens. Leur combat porte également sur l’inclusion de femmes dans les prises de décision politique et la résolution de conflit. “La coopération entre femmes Palestiniennes et Israéliennes, œuvrant pour la paix, accroît les chances de trouver une solution viable au conflit.” affirment-elles.

Une place au parlement

En 2015, un an après la guerre de Gaza, les militantes ont organisé un jeûne de 50 jours qui s’est achevé devant la résidence du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Elles ont alors pu le rencontrer et dialoguer avec lui ce qui a débouché sur une collaboration avec les membres du parlement israélien. Par la suite le mouvement a créé deux lobbies « Les femmes pour la paix et la sécurité », et « Le parlement des femmes » qui sont présents tous les lundis au parlement. Cela leur permet d’avoir des discussions concrètes avec les 120 parlementaires, en faveur de cet accord qu’elles défendent. Bien qu’il semble très utopique pour les politiques, elles ne perdent pas espoir car selon le mouvement 70 % du peuple israélien serait favorable à un accord de paix. En 2017, elles ont obtenu la création d’une commission des femmes pour la sécurité à la Knesset. Leurs deux arguments principaux pour arriver à un accord sont de ne plus faire appel à la victimisation pour justifier de ses actes et se dédouaner de toute responsabilité d’un côté ou de l’autre du conflit et de ne pas regarder le passé. Les deux partis auront toujours des récits divergents quant aux origines du conflit. Il faut donc se focaliser sur le présent pour avancer, selon elles.

Unies pour le droit de vivre ensemble

Leurs actions sont à la fois des activités de terrain et des campagnes d’information via les réseaux sociaux afin de mobiliser le maximum de personnes et approfondir le débat autour de l’exigence d’un accord de paix. Depuis 4 ans, elles ont mis en place de nombreux événements dans le pays et des milliers de citoyens sont venus y participer. La plus marquante de leurs actions, s’intitule La Marche de l’espoir. En 2016, du 4 au 19 octobre, elles étaient plus de 20 000 femmes réunies pour marcher vers Jérusalem pendant 205 kilomètres. Leur revendication était simple : de nouvelles négociations entre les dirigeants, qu’ils mettent fin à toute cette violence. Les réalisatrices Hannah Assouline et Jessica Bertaux ont suivi les membres du mouvement lors de cette marche ainsi que dans leur quotidien. Leur documentaire Les guerrières de la paix, sorti en juillet dernier, montre la détermination de ces femmes pour mettre fin à la haine qui règne dans leur pays. Au-delà de cet accord de paix, il y a une volonté de tisser des liens entre elles, de vivre ensemble.

 

Ana Michelot