décembre 04

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Des villes françaises, bonnes élèves du zéro déchet

Alors que l’Union Européenne soutient l’interdiction des objets en plastique à usage unique, les localités s’attachent elles aussi, à leur niveau, à réduire leurs déchets. Comment agissent-elles et où en sont-elles ?

2021, la fin des cotons-tiges et couverts en plastique ? Mercredi 31 octobre 2018, les vingt-huit pays de l’Union Européenne ont soutenu le projet de directive visant à interdire certains produits en plastique à usage unique. En attendant que des mesures soient prises au niveau international, les villes françaises se mobilisent. De nombreuses municipalités adoptent des gestes simples pour réduire leurs déchets. Il n’y a pas de petites actions dans le zéro déchet. Les mairies font généralement appel à des entreprises et associations pour les aider dans leurs démarches et accompagner leur population. C’est de cette façon que Roubaix est devenue la ville pionnière du défi « famille zéro déchet », aujourd’hui présent dans des dizaines de municipalités. « Notre première édition de famille zéro déchet a réuni 1% de la population de Roubaix, mais on sait qu’une personne entrée dans le programme en touche cinq. On en est à la quatrième édition donc le nombre de personnes touchées est devenu important », se félicite Alexandre Garcin, adjoint au maire de Roubaix. 

Un travail en réseau

La ville de Roubaix travaille en réseau avec d’autres municipalités afin « de sortir d’une économie du jetable et de trouver d’autres alternatives », explique l’adjoint. Les échanges vont au-delà des frontières. « On partage notre expérience avec une cinquante de villes françaises mais on voit aussi plus loin. On a eu des contacts avec la Wallonie, le Québec par exemple et on va bientôt recevoir une délégation brésilienne », explique l’adjoint en charge du développement durable, du numérique et de la modernisation de l’Administration. La réduction des déchets est un travail de groupe, où chacun échange ses bonnes pratiques. 

Des initiatives diversifiées

Le zéro déchet préoccupe et prend une place de plus en plus importante dans le programme municipal d’un grand nombre de villes.  En 2015, le Conseil de Paris a adopté un plan stratégique parisien contre le gaspillage alimentaire. « Ce plan repose sur trois axes d’action : la sensibilisation, l’action sur les commerces et la restauration », explique Antoinette Guhl, adjointe à la mairie de Paris, dans une interview donnée au Mouvement des entrepreneurs sociaux. Paris travaille ainsi avec les cantines scolaires pour une réorganisation de la chaîne de distribution. « Par exemple, le pain est maintenant placé à la fin de la chaîne », informe l’adjointe. La mairie de Roubaix collabore elle aussi avec les écoles. « En plus de l’attention particulière au gaspillage dans les cantines, on distribue des boîtes à gouter aux enfants, afin de limiter les goûter industriels emballés », développe Alexandre Garcin. L’idée de la boîte, la ville de Dijon y a aussi réfléchi mais sous une autre forme. La municipalité a créé en 2016, le « gourmet bag ». Ce « doggy bag » a été chaleureusement accueilli par une cinquantaine de restaurateurs de l’agglomération, avant l’écriture d’un amendement demandant l’obligation de ce dispositif pour 2021. 

Plusieurs avantages découlent du tri des déchets. Si le nombre de villes impliquées dans le zéro déchet augmente, c’est qu’elles ont pris conscience de ce qu’elles ont à gagner. Réduire les 573 kg de déchets par an et par personne permet aux villes, en plus du geste pour la planète, d’économiser, de créer des emplois et de générer de nouveaux revenus grâce à l’économie circulaire.

AURORE COULON