Les fessées maintenant illégales (au moins sur les enfants)

Depuis le 29 novembre, il est interdit par la loi de donner une gifle ou une fessée à un enfant. Les crises de larmes  et les bêtises, les parents vont maintenant devoir les supporter calmement. Cette nouvelle loi, bien qu’elle ne prévoie pas de sanctions, reste controversée. Voici l’avis des cannois.

Le 29 novembre, l’Assemblée Nationale a voté à une très grande majorité (51 contre 1) un texte contre les violences éducatives envers les enfants. Les gifles et les fessées seront désormais interdites, bien qu’aucune sanction ne soit prévue pour l’application de cette loi. Pourtant, du point de vue des jeunes parents , la fessée reste un bon moyen d’éduquer les enfants. Selon la Fondation pour l’enfance, en France, 85% des parents auraient recours aux violences éducatives. Thomas, qui met pourtant rarement une fessée à ses enfants, est contre la loi : « quand je vois maintenant comment les enfants manquent de respect à leurs parents, regrette-t-il, moi j’ai été éduqué à l’ancienne et avec mes frères on avait peur de notre père, on n’osait pas faire de bêtises. » Et pour Claire, une mère de deux enfants, l’Etat ferait mieux de sensibiliser les jeunes parents, plutôt que de pointer du doigt leur éducation : « Il faut essayer de comprendre les réactions des parents dans des cas où on n’est pas forcément accompagné par les services publics et on n’est pas formé à être parent, on s’improvise parent, affirme-t-elle avant de poursuivre, et je ne crois pas que la société civile toute entière puisse intervenir dans une démarche de répression et non pas de sensibilisation et d’accompagnement. »

D’autres manières de gronder les enfants

Les personnes âgées, elles, ont des avis bien plus nuancées. Christine est pour la fessée « quand c’est mérité, en expliquant à l’enfant ce qu’il ne doit pas faire. » Elle se justifie en évoquant son enfance : « Je suis contre l’interdiction parce que nous quand on était gamin on nous donnait une fessée et ça nous faisait marcher droit. » Michel, lui, n’a pas la même opinion : « on peut les gronder, les menacer un peu mais il ne faut pas frapper. »

Pour ce sujet controversé, l’avis des enfants ne semble intéresser personne. Pourtant, voilà ce que Timéo, 11 ans, pense des fessées : « on ne frappe pas les enfants, ça ne se fait pas et ce n’est pas la meilleure façon de dire à un enfant qu’il a fait une bêtise » Il raconte : « quand je fais quelque chose de mal, mes parents me punissent mais ne me donnent pas de fessée, et ça marche très bien. »

Une loi symbolique, mais pas seulement

Maud Petit, la députée du Modem à l’origine de ce texte, est consciente que l’absence de sanctions est surprenante mais son objectif était avant tout de faire une loi « à visée pédagogique ». Agnès Buzin, la ministre de la santé, pense, de son côté, que malgré le côté hautement symbolique, cette loi apporte tout de même une nouveauté, elle permet de rompre avec le « droit de correction » qui jusqu’ici était toléré par le Code Civil. Pour Aurélie, mère d’une petite fille de 2 ans, l’application de cette loi risque d’être compliquée voire impossible, « on ne peut pas vraiment savoir ce qu’il se passe à l’intérieur de la maison. Parfois, il y a une petite fessée comme ça, sans faire mal, c’est difficile de le savoirLe seul moyen de vraiment pouvoir faire quelque chose c’est s’il y a des violences en public ou si l’enfant a des bleus ou autres ».  Qu’elles soient visibles ou non, les fessées sont à présent bannies par la loi.

LENA COUFFIN ET ULYSSE GOLDMAN