décembre 17

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Les SCOP séduisent la région PACA

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« Aujourd’hui c’est surtout dans le sud que se développent les sociétés coopératives », indique Antoine Seveno, délégué régional de l’union régionale des SCOP de PACA/Corse. À l’inverse du modèle capitaliste basé sur le principe du libéralisme et de l’enrichissement personnel, les sociétés coopératives mettent l’humain au centre de l’entreprise. Les SCOP (Société Coopérative Ouvrière de Production) naissent de ce constat. Historiquement les premières sociétés coopératives viennent de la région parisienne mais la situation a bien changé. C’est dans la région Auvergne-Rhône-Alpes que se concentrent le plus de SCOP (525). La région PACA est également en pleine croissance, elle se situe 5ème sur ce classement (325). « Même si nous ne sommes pas dans le haut du tableau, nous sommes la région la plus jeune et nous sommes la région qui progresse le plus » déclare le délégué permanent de l’union régionale des SCOP. L’année dernière la région PACA a donné naissance à 9 SCOP de plus que n’importe quelle autre région.

« Je ne savais pas que ce type d’entreprise existait »

Thomas était le patron de son entreprise d’animation de cirque près de Vallauris, Eklabul. En 2014, il décide de basculer dans un système de SCOP avec ses quatre employés. « Ça correspond à mes valeurs personnelles, on vit dans le capitalisme mais au moins ce système est une alternative pour ceux qui n’adhèrent pas au concept. Je ne l’ai pas fait pour l’enrichissement, l’idée c’était d’impliquer les autres», explique Thomas le créateur d’Eklabul. L’entreprise existe depuis 2011, elle a passé trois ans à fonctionner comme une entreprise normale, étant donné que Thomas ne connaissait pas l’existence des SCOP, le problème majeur de ces entreprises. « Le statut n’est pas très connu alors les experts comptables ne le connaissent pas et n’orientent pas les entrepreneurs vers la création de ce type d’entreprise », souligne Antoine Seveno. Seulement 1% des entreprises françaises sont des SCOP.

Alors que, au sein des entreprises, les richesses sont concentrées en haut de la hiérarchie, dans une SCOP tout le monde est à la même échelle. « Même s’il y a toujours un gérant dans l’entreprise, il a le statut de salarié », précise Antoine Seveno. Cette expérience profite donc à la cohésion du groupe. « Tout le monde est très heureux de travailler dans la boîte aujourd’hui, il y a beaucoup moins de tensions », explique Thomas, artiste de cirque.

Une tendance qui s’accélère depuis 2008

Pour se définir SCOP, il est indispensable que les salariés de l’entreprise possèdent au moins 51% des capitaux. Les choix dans l’entreprise sont donc gérés par les employés. Une tendance qui est à la hausse, ces dernières années pour Antoine Seveno. « Depuis la crise économique de 2008 il y a un nouveau vent dans l’économie où l’humain prend le pas sur l’argent. Les gens s’orientent plus vers les SCOP maintenant ». L’union régionale des SCOP tient une place très importante dans la vie des entreprises. Elle s’occupe de les transformer ou de les créer administrativement. Elle les accompagnent aussi dès le début pour s’assurer que la société ne va pas dans le mur. « Aujourd’hui 67% des SCOP vivent plus de 5 ans, alors que la moyenne nationale pour une entreprise est de 60 % c’est un chiffre très encourageant », précise le délégué régional.

L’objectif premier des SCOP n’étant pas la recherche du profit, la taille des sociétés est petite. Elles sont concentrées sur quelques secteurs d’activité. Deux tiers des SCOP qui se créent sont dans le bâtiment ou les services.

Elliott Sentenac