Géorgie : Une nouvelle présidence pour un nouveau départ

Salomé Zourabichvili rentre dans l’histoire. Mercredi 28 novembre, elle est élue à la tête de la Géorgie. Cette première présidente du pays a une spécificité : un lien étroit avec la France.

000_1AP87B.jpg

Salomé Zourabichvili lors de sa campagne début novembre 2018 à Tsibilli (Crédit: Vano Shmalov/AFP) 

La Géorgie réécrit son histoire le 28 novembre 2018. Les citoyens élisent Salomé Zourabichvili en tant que première femme à la tête de l’État. Avec près de 59% des voix, la dirigeante sort victorieuse d’une campagne difficile. Cette élection représente un véritable retour aux sources pour l’ex-diplomate française. Car oui, l’une des principales spécificités de la nouvelle dirigeante est son lien étroit avec la France.

« Une vraie française »

Née à Paris en 1952, de parents géorgiens exilés, Salomé Zourabichvili fait ses études à Sciences-Po et à l’Université de Columbia avant de se lancer dans la diplomatie française. Pendant plus de 30 ans, la nouvelle dirigeante fait le tour du monde pour représenter la France. Avec 6 langues à son actif, elle prête sa voix à 3 anciens présidents français. En début de carrière à Rome sous Giscard d’Estaing, elle est secrétaire de l’ambassade de France à New York mais également auprès de l’OTAN sous Mitterrand. Représentante de l’Union de L’Europe occidentale à Bruxelles pour le premier mandat de Jacques Chirac, c’est lui qui la nommera finalement ambassadrice en Géorgie en 2003. Une femme qui s’est construite avec la France. À tel point qu’en 2017, la présidente se définit dans une interview comme une « vraie française ». Un lien avec l’Europe qu’elle va tenter de préserver à travers sa politique. Pour la présidente, l’Union européenne se situe « au premier plan » et l’organisation « est la plus appropriée pour garantir à la Géorgie ce dont elle a réellement besoin aujourd’hui : stabilité et intégrité ». En choisissant Salomé Zourabichvili comme dirigeante, les géorgiens ont choisi l’Europe. 

Un retour vers la Géorgie

 Ambassadrice de Géorgie de 2003 à 2004, Salomé Zourabichvili décide de renouer avec ses racines. Au service de la France en tant qu’ambassadrice, elle décide à la fin de son mandat de s’impliquer dans la vie politique géorgienne. En 2004, elle devient donc ministre des Affaires étrangères de Géorgie sous Mikheil Saakachvili et acquiert la double nationalité franco-géorgienne. Salomé Zourabicvili est un cas unique. Tant dans la manière dont elle obtient la nationalité géorgienne que pour sa nomination au poste de ministre. Vivement encouragée par Jacques Chirac, ce poste lui est donné dans le cadre de la politique de coopération entre France et Géorgie. Très vite, de vives critiques émergent au sein du Parlement géorgien. Elle est démise de ses fonctions en octobre 2005, mais n’abandonne son envie de politique. Salomé Zourabichvili signe définitivement sa transition vers la Géorgie en abandonnant sa nationalité française au moment de sa candidature à la présidence. Le 16 décembre, elle sera officiellement investie à la tête d’un pays qui ne l’a pas vu naître. La Géorgie a choisi une femme au parcours atypique et à la vision novatrice pour mener le pays vers une toute nouvelle ère.

 

Lou Florentin