La famille Vial, mimosistes de père en fils

Le mimosiste du Tanneron Bernard Vial a débuté il y a moins d’une semaine la récolte du mimosa.

Chaque début d’année, les collines du Capitou, à la lisière du département varois, se teignent de jaune. Surplombant le petit village du Tanneron, la famille Vial produit du mimosa local depuis le 19ème siècle. Bernard, béret sur la tête, incarne la quatrième génération d’exploitants. Chez eux, la vente ne se fait qu’en direct, dans l’antre familiale, mitoyenne à un domaine agricole de cinq hectares. Des terres parsemées d’arbres variant entre 4 et 10 mètres de hauteur.

Un savoir-faire traditionnel et familial

Au rez de chaussée de la demeure se trouve la boutique embaumée par l’odeur du mimosa. Bernard et son épouse y emballent soigneusement les premiers bouquets de la saison. Assis paisiblement sur un banc, le doyen de la famille Vial, père du mimosiste, observe attentivement la scène. Ici, l’environnement est propice à la culture de cette fleur : « le terrain et le climat sont idéaux avec le soleil et l’air marin » explique-t-il. De plus, une température agréable est nécessaire pour une floraison de qualité : « Je bénéficie en quelques sortes du changement climatique ! », souligne-t-il en souriant. Outre le mimosa, la famille Vial produit également des agrumes et diverses variétés de miel.

Une passion revendiquée

Il le dit, et il en est fier : pour Bernard Vial, le mimosa est une vraie passion. Depuis qu’il a repris l’exploitation de son père en 1988, ce dernier n’a jamais pu se passer de la couleur dorée de cette fleur. « Le bénéfice n’est pas ma priorité », commente-t-il, rajoutant qu’il réalise entre 500 et 600 bouquets par an. Une assez faible production, uniquement destinée aux particuliers, mais au coût élevé : près de trois fois supérieur à celui des grands exploitants. Preuve de son amour pour son métier, le mimosiste est l’un des derniers producteurs du secteur, à son grand regret. Toujours le cœur sur la main, pour la célèbre fête du mimosa de Mandelieu, il fait don  d’une partie de sa production pour la confection des chars. L’image d’un homme passionné et généreux, prêt à faire perdurer la tradition du mimosa dans la vallée de la Siagne.

Quentin Ruda

Pastorello Alexandre