février 05

La cigarette et les jeunes : l’éternel « je t’aime moi non plus » ?

Les lycéens cannois témoignent de leurs visions de la « clope »

En 2017, le nombre de fumeurs hommes âgés de 18 à 24 ans est passé de 44% à 35% (DR)

« Ça pue, c’est cher et c’est dégueulasse » s’exclame Mélissa, cigarette à la main. Cette élève de terminale du lycée technologique Stanislas de Cannes représente toute l’ambivalence des jeunes face à la cigarette : c’est nocif mais attractif. Malgré les politiques publiques mises en place (paquet neutre, augmentation du prix, campagnes de sensibilisations) pour réduire la consommation de tabac, celui-ci reste toujours populaire auprès des 15-25 ans selon une étude de Santé publique France. De quoi interroger quand on sait que le nombre de ventes de cigarettes a pourtant chuté de plus de 9% en 2018. Pour Mélissa, les stratégies de prévention « ça n’a rien changé ». À l’exception du prix du paquet, qui la pousse tout de même à en acheter moins. Alors que sur un banc en face, une autre élève du lycée affirme au contraire que « du moment où tu as envie de fumer tu t’en fous du prix ».

L’importance de l’effet de groupe

Un point commun à tous ces jeunes est qu’ils commencent généralement à plusieurs. Flora, en s’accordant une pause cigarette avec ses amies, avoue que c’est « en restant avec des fumeurs (qu’elle s’est) mise à fumer ». Certains commencent « pour suivre la mode, surtout au collège », pour d’autres c’est à cause du stress. Un phénomène de groupe qui renforce l’addiction. Devant les grilles du lycée Carnot, un groupe de fumeurs discute en cercle, entouré de fumée de cigarette. Loris, un de ces élèves, avait justement réussi à s’arrêter pendant un an mais a repris au contact de ses amis.

Une prise de conscience des dangers sur la santé

Même si les politiques publiques ne suffisent pas à empêcher les jeunes de fumer, elles leurs font tout de même prendre conscience des risques pour la santé. Aujourd’hui, ceux qui fument le font en connaissance de cause. Ryan plaisante en pensant à son « addiction insurmontable » ; mais poursuit d’un ton grave : « j’ai diminué (car) je ne voulais pas attraper le cancer à 25 ans ». La cigarette a perdu son aspect glamour des années 50. « L’image s’est dégradée », mais l’effet de groupe est encore bien présent.

Clara Monnoyeur et Enora Hillaireau