L’Eurovision, un concours qui fait polémique

La soixante-quatrième édition du Concours de l’Eurovision n’échappera pas à ses traditionnelles polémiques. Entre les chanteurs Bilal Hassani et Alessandro Mahmood ainsi que Tel-Aviv, ville d’accueil controversée. Le concours est au coeur de plusieurs sujets sensibles. De nombreux appels au boycott ont été lancés sur les réseaux sociaux.

Alessandro Mahmood critiqué pour ses origines égyptiennes

Le chanteur italien Alessandro Mahmood alias Mahmood est la cible des polémiques depuis quelques jours. Il représentera de l’Italie à l’Eurovision. L’artiste a remporté le Festival de la musique italienne de Sanremo. Sa victoire a suscité plusieurs critiques, car il ne partait pas en tant que favori du public. Il a gagné grâce aux votes du jury composé des experts et de journalistes qui ont une influence de plus de 50% sur le résultat final. Après sa prestation, l’artiste a reçu de nombreuses insultes racistes en raison de son origine égyptienne et d’une partie de sa chanson chantée en arabe. Le ministre de l’intérieur Matteo Salvini a réagi sur Twitter : « Mahmoud… Ben…La plus belles chanson italienne ?!? Moi, j’aurai choisi Ultimo, et vous, qu’est-ce que vous en dites ?? ».

Bilal Hassani, une personnalité qui dérange

Le candidat français Bilal Hassani est aussi sujet à de nombreuses polémiques. Le jeune chanteur homosexuel a été victime d’une vague de haine homophobe sur les réseaux sociaux pour laquelle il a porté plainte. De vieux tweets de 2014 ont resurgi, il accusait Israël de « crimes contre l’humanité ». Le jeune chanteur a répondu sur Twitter en expliquant que à cette époque, il n’était pas le seul à avoir accès à son compte « Il y avait plusieurs personnes qui avaient mon mot de passe. Et il s’est passé des choses qui étaient hors de mon contrôle et hors de ma connaissance ».

Des villes controversées

Cette année, la ville de Tel-Aviv est mise à l’honneur pour le concours. Dans une tribune publiée le 7 septembre 2018 dans The Guardian, 140 artistes internationaux appellent à boycotter le concours. Ils réclament le transfert de l’émission dans un autre pays en soutien « aux artistes palestiniens ».  Le même jour, des associations et une vingtaine de pays ont fait appel au boycott. Une autre ville organisatrice avait fait débat en 2012, Baku en Azerbaïdjan. Le pays a été vivement critiqué sur la scène internationale. Selon le Figaro, il a été reproché à l’Etat d’avoir délogé un millier d’habitants pour la construction du Crystal Hall, lieu dans lequel s’est déroulé le concours.

Ce ne sont pas les premières polémiques auxquels est sujet le Concours de l’Eurovision. La dernière en date remonte à 2014 avec le candidat autrichien Conchita Wurst. Le candidat travesti avait fait réagir la sphère médiatique. Plusieurs pétitions ont été lancées en Russie, en Biélorussie et en Arménie pour empêcher l’artiste de chanter ou de diffuser sa prestation. Christine Boutin, ex-présidente du Parti chrétien-démocrate, a fortement critiqué le chanteur via Twitter : « malaise devant #conchitawurst image d’une société en perte de repère niant la réalité de la nature humaine Non à cette #Europe là ». De son côté, le président du parti libéral-démocrate russe a ajouté : « Il y a cinquante ans, l’armée soviétique a occupé l’Autriche. La libérer a été une erreur. On aurait dû rester ».

Imane Bounar