Pas d’engouement dans les relais presse pour le Bitcoin

Depuis janvier 2019, il est possible d’acheter des coupons de 50, 100 et 150 euros de bitcoin en même temps que son journal. Pour le moment, peu de clients se pressent pour ce nouveau service.

Les buralistes français (équipés en bornes bimédia) peuvent proposer un service de vente de Bitcoin grâce à la plateforme KeplerK. Plus de 150 saisissent déjà cette opportunité.

Alors ces bureaux de tabac ont-ils vu affluer des clients désireux de se procurer des Bitcoin ? Après 1 mois, difficile de parler de véritable engouement.

Répartis dans tout l’Hexagone, ces points relais « KeplerK » ont du mal à attirer des investisseurs amateurs. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer.

D’abord, ces points de vente sont peu connus. « On n’a pas beaucoup de publicité et peu d’informations sont données par KeplerK », explique Alain Moesan, gérant d’une maison de la presse à Mandelieu.

Équipé avec une borne bimédia, il s’est lancé dans l’aventure cryptomonnaie. Derrière sa caisse, il peut distribuer des coupons, sur lesquels il prend 1,20% de commission.

Mais il est convaincu que cela peut devenir porteur. « Les gens sont contents de pouvoir en acheter ici », confie-t-il. 


Très peu d’acheteurs de bitcoin dans les bureaux de tabac

Aussi, il est encore un peu tôt. Beaucoup des partenaires KeplerK ont lancé ce service il y a quelques jours seulement.

Ceux qui ont déjà quelques semaines d’expérience, n’ont pas beaucoup d’acheteurs. « Ce n’est pas encore la folie… », résume Alain Moesan qui comptabilise une dizaine de clients dans son établissement.

Un seul gros achat, un acheteur a débloqué 2500 euros de bitcoin. Sur tout le territoire, difficile de trouver mieux. Rue de la Bastille à Nantes, on dénombre 5 ou 6 clients. Avenue George Clémenceau à Montpellier, 3 personnes seulement au bout d’un mois.

D’autres établissements n’ont pas pu se servir du service… 0 client rue du Temple à Auxerre ou boulevard Kellermann à Paris. Trop récent donc, pour espérer des retombées économiques.


Un marché complexe

Autre explication, le bitcoin et plus largement les cryptomonnaies, font peur et sont encore peu présentes dans le quotidien des français. Elles sont basées sur la technologie de la blockchain, complexe et ésotérique.

Il peut sembler alors un peu fou de se lancer dans l’achat de bitcoin quand on ne maîtrise pas trop le sujet. Pourtant, beaucoup de spécialistes s’accordent à dire que le marché des cryptos va croître de manière exponentielle.

Surtout, les monnaies virtuelles vont de plus en plus pénétrer la société, et ses usages se démocratiser. Mais c’est aussi une valeur très volatile qui reste en berne depuis le dernier pic atteint en décembre 2017.

Retrouver l’infographie interactive ici. (Source : coinmarketcap.com)

Qui achète du Bitcoin ?

Tout le monde peut se muer en investisseur crytpo. Mais une tendance claire de dégage. L’acheteur de bitcoin est en général jeune, tout au plus trentenaire, familier des nouvelles technologies.

« Ce sont des jeunes qui achètent », affirme Alain Moesan. Dans sa maison de la presse, c’est régulièrement le même groupe de jeunes qui viennent lui acheter des Bitcoin.

« Avant, ils montaient à Paris pour en acheter, maintenant ils peuvent en acheter ici », poursuit-il.

Depuis l’émergence du marché des monnaies virtuelles, des investisseurs amateurs s’y sont intéressés, jusqu’à en faire leur principale activité. Attention quand même au krach boursier.

Guillaume Laclotre