Ouverture du procès de Christophe Dettinger

Le procès de Christophe Dettinger s’est ouvert mercredi 13 février au Tribunal correctionnel de Paris. L’ancien champion de boxe s’est fait connaître après avoir assené plusieurs coups très violents à deux gendarmes lors de l’acte 8 des Gilets jaunes.

Une foule de journalistes et de curieux s’est amassée aux portes du tribunal mais beaucoup resteront dehors. Après le renvoi d’une histoire de portefeuille, Christophe Dettinger s’installe dans le box des accusés calmement. Il a les traits tirés, en face de lui, un seul des deux gendarmes frappés, le deuxième « n’est pas en état » selon ses avocats. Il y a tellement de monde que le policier prévient « Ne sortez pas sinon d’autres risquent de prendre votre place.. »

Christophe Dettinger a été écroué dans l’attente de son procès. Depuis il est devenu un emblème pour la communauté Gilets jaunes. Il est accusé de « violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique ». Il risque jusqu’à sept ans d’emprisonnement.

L’audience commence, Dettinger ne nie pas être la personne filmée et toute la salle assiste au visionnage des vidéos. A la fois celles des caméras de surveillance de la ville de Paris mais aussi les vidéos vues sur les réseaux sociaux.

On repasse la vidéo au ralenti, le moment ou la seule témoin de cette affaire tombe par terre. Selon Christophe Dettinger c’est à cause d’un coup d’un gendarme. Mais l’image ne tranche pas, la présidente non plus. Le prévenu assure avoir mal réagi face à une situation qui lui semblait inégale.

Les blessures de la Gilet jaune tombée à terre ont été constatées par un médecin après l’évènement. Mais elles ne sont pas suffisantes pour la Présidente, qui se demande si celles-ci ne sont pas le résultat de la bousculade.

Une autre scène de violence est diffusée, Christophe Dettinger se jutifie en expliquant avoir vu des coups de matraques. Ils sont invisibles sur la vidéo.

Face aux questions des avocats et de la Présidente, le prévenu à l’air un peu perdu. Son avocat vient l’aider et devance la future plaidoirie. La Défense ne nie pas la responsabilité de monsieur Dettinger mais demande une indulgence quant au contexte de ce déchaînement de violence.

Puis vient le moment d’entendre l’un des deux gendarmes, le premier à avoir subi les coups de Christophe Dettinger. Il affirme n’avoir fait usage que de la gazeuse avant l’altercation.

Depuis cet incident, le gendarme mobile a des douleurs aux cervicales et des difficultés à dormir. Il explique que son collègue est toujours en rééducation et a de grosses séquelles au genou. Cet affrontement avec Christophe Dettinger pour lui, c’est un cap de franchi. Il a eu peur, très peur et selon lui c’est la solidarité de ses collègues qui l’a sauvé.  

A dix-huit heure la séance est suspendue avant les plaidoiries et les réquisitions.

Yeelen Tanche