Attaque à l’acide à Paris : les précédents en France

Depuis septembre 2018, on compte au moins trois attaques à l’acide en France. Encore sporadiques, ces attaques pourraient se multiplier. Pour essayer de comprendre ce phénomène, reprenons les trois derniers cas qui ont fait la une des médias. 

Le 17 Novembre 2018 à Marseille. C’est proche du Vieux Port, vers dix-huit heure, qu’une femme sans domicile fixe est arrivée avec une bouteille d’acide chlorhydrique à la main. Elle s’est approchée du bar l’Unic et a lancé sa bouteille sur les clients attablés en terrasse. 

Six personnes ont été légèrement blessées et prises en charge par les pompiers. Les blessures sont superficielles mais les victimes ont été transportées à l’hôpital de la Timone, de Marseille, par mesure de précaution. Sur place quatre autres personnes ont été soignées par les marins-pompiers. 

L’assaillante a été interpellée immédiatement après les faits. Ses motivations sont inconnues mais les premières constatations démontrent qu’elle ne dispose pas de toutes ses facultés mentales. 

La femme a été placée en garde à vue et écrouée. 

Les forces de l’ordre visées lors d’une manifestation 

Plusieurs mois plus tard, rien n’a changé. A Quimper, lors de l’acte 3 des Gilets jaunes le 1er décembre, des CRS reçoivent des projectiles explosifs contenant de l’acide. C’est le troisième samedi de manifestation et la tension est au plus haut. Les armes employées contre les forces de l’ordre sont de plus en plus dangereuses.

Un appel à la dispersion est passé aux quelques 1600 manifestants. Un groupe de 300 personnes refuse de quitter les lieux.

Entre les tirs de mortiers, de pétards type « mammouth » ou même de boulons, les CRS reçoivent des petites bouteilles. D’abord confondues avec des bouteilles d’eau, c’est en réalité un mélange d’acide chlorhydrique et de boulette d’aluminium. 

Ce mélange très dangereux explose à retardement. Ce n’est que 40 secondes après les avoir reçues que ces « mini-bombes » blessent les forces de l’ordre.

Des explosions qui ne peuvent pratiquement pas être évitées. Les projections touchent les jambes, les mains et parfois le visage. 

Ce jour-là, quatre policiers sont légèrement blessés aux yeux. Après un rapide examen médical, ils décident de retourner avec leurs collègues. 

Un produit facile d’accès aux effets dévastateurs

Avant l’attaque de ce vendredi 15 février, un incident semblable s’est déroulé le soir précédent dans un autre métro parisien. Une femme s’est assise sur un strapontin et a très rapidement commencé à sentir des brûlures sous ses cuisses. 

En se levant elle repère une bouteille contenant un liquide brunâtre. Un homme cherche à l’aider en ramassant la bouteille et se blesse à son tour. 

Les deux passagers seront soignés dès l’arrivée des secours. La bouteille contenait de l’acide sulfurique. 

Mais reste à savoir ce que faisait un tel produit dans le métro parisien. Etait-ce un acte malveillant ou un oubli ? L’enquête le déterminera. 

Ces trois faits divers nous montrent à quel point les attaques à l’acide sont redoutables. Elles sont imprévisibles et imparables. De plus la facilité d’accès à ces produits corrosifs les rend encore plus dangereux. Le nombre potentiel d’utilisateurs est immense puisque son achat n’est pas réglementé.

Yeelen Tanche