Guy Novès face à la Fédération française de rugby : le résumé

Guy Novès et la FFR avaient rendez-vous ce jeudi aux prud’hommes de Toulouse. En jeu, 2,9 millions d’euros réclamés par l’ancien sélectionneur du XV de France, licencié pour « faute grave » en décembre 2017. Retour sur un contentieux qui dure.

Guy Novès, icône du rugby toulousain, s’oppose à la Fédération française de rugby dans le cadre de son licenciement pour « faute grave » de décembre 2017. On lui reproche d’avoir dégradé la relation entre les clubs et la Fédération française de rugby. À cela s’ajoute un bilan décevant à la tête des Bleus, avec seulement 33% de victoires. 

Guy Novès, un meilleur pourcentage de victoire que Jacques Brunel

C’est cependant mieux que l’actuel manager du XV de France, Jacques Brunel. Le pourcentage de victoire de ce dernier ne s’élève qu’à 23% avec trois victoires en treize matchs sur le banc de l’équipe de France. 

Guy Novès a décidé d’attaquer la FFR. Son objectif est de prouver l’invalidité de son licenciement, affirmant que l’institution dirigée par Bernard Laporte ne dispose pas de preuves suffisantes. De son côté, la fédération tente de prouver les erreurs de Guy Novès, plongeant un peu plus le rugby français dans la crise. Elle tente surtout de limiter la casse, pour diminuer le montant des indemnités qui pourraient être versées.


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Un contentieux historique entre Guy Novès et Bernard Laporte

Les deux hommes ne s’apprécient guère. Et tout le monde le sait. Ils se sont opposés sur les bancs du championnat de France (Top 14) : Guy Novès avec le Stade Toulousain, Bernard Laporte avec le Stade Français. Puis lorsque que l’actuel président de la FFR prend la tête du XV de France en tant qu’entraîneur en 1999, leur relation ne s’améliore pas. L’entraîneur de Toulouse est réputé pour son manque de collaboration avec les différents sélectionneurs du XV de France, alors que son équipe du Stade Toulousain a toujours fourni un gros contingent de joueurs internationaux.

Alors Bernard Laporte qui devient président de la FFR en 2016, avec Guy Novès en place sur le banc… Ce n’était pas gagné d’avance. Bernard Laporte aurait voulu évincer son homologue toulousain dès sa prise de pouvoir. Guy Novès est limogé le 27 décembre 2017.

Une plaidoirie marquante

C’était ce jeudi, aux prud’hommes de Toulouse, que le contentieux prenait une nouvelle dimension. L’avocat de Guy Novès, maître Laurent Nougaloris, pointait les irrégularités juridiques de la FFR.

D’abord l’absence d’entretien préalable au licenciement de son client. D’après nos confrères du Midi-Olympique, il assure que « s’il y a faute grave, il faut la prouver, avant de poursuivre. Que produit comme preuves la FFR ? Deux articles de presse dans lesquels deux joueurs se plaignent de Novès. » Maître Nougaloris évoque aussi le « harcèlement moral » dont aurait été victime l’ancien sélectionneur. Tout angle d’attaque confondu, on atteint alors la somme de 2,88 millions d’euros de dommages et intérêts demandés.

Du côté de la défense, l’avocat de la Fédération française de rugby, maître Joseph Aguera, a réalisé une plaidoirie garnie de phrases chocs. Il a cherché à produire l’image d’un Guy Novès orgueilleux et peu investi dans son travail. « Entendre une série de mensonges, ce n’est pas facile », confie d’ailleurs le concerné au journal l’Equipe, en sorti d’audience.

Maître Aguera assène notamment : « 360 000 euros de préjudice de notoriété ? Pour qui on se prend ? Blessure d’orgueil plutôt ! », révèle le Midi-Olympique. L’avocat essaie de toucher Guy Novès sur son passé glorieux avec le club de la ville Rose : « Au stade Toulousain il était Dieu tout-puissant. En équipe de France, c’est l’intérêt général qui passe en premier », des propos relayés par l’Equipe. L’ancien sélectionneur s’était préparé à une telle plaidoirie, conseillé par ses proches, en premier lieu sa femme et sa fille.  « Ça fait quatorze mois que je suis à la maison avec une bâche sur la tête et il faut encore attendre. C’est une souffrance », explique-t-il. La décision est attendu le 8 avril.

Guillaume Laclotre