L’interminable dépendance au charbon

Le défi pour diminuer la production mondiale de charbon est immense

Le charbon est le composant qui rejette le plus de gaz à effet de serre dans le monde © Reuters

La sortie du charbon est en cours en Allemagne. En 2018, les ressources renouvelables ont produit davantage d’électricité que les usines à charbon : 40,8% contre 38%. C’est une première pour ce pays qui, depuis toujours, est dépendant de ce combustible. Le gouvernement a annoncé qu’il souhaitait abandonner totalement le charbon d’ici vingt ans. Une ambition à long terme qui s’inscrit dans la lignée des Accords de Paris sur le climat, signés en 2015.

À l’occasion de la COP 21, la communauté internationale s’était mise d’accord quant à une sortie des énergies fossiles lors des prochaines décennies. Depuis 2013, la production mondiale de charbon a enfin baissé après une hausse qui semblait interminable, puisque en 2017, elle s’élevait à 3 768,6 millions de tonnes équivalent pétrole. Mais si cette légère baisse semble de bon augure, elle cache une autre réalité : de plus en plus de pays se tournent vers le charbon.

Une baisse en trompe l’œil

La baisse de la production mondiale est due à la Chine. Le géant économique asiatique, qui est responsable de 46% de l’extraction dans le monde, change peu à peu ses politiques énergétiques. L’objectif est de développer les énergies renouvelables.

Mais une transition énergétique de la sorte demande beaucoup de financements. La Chine peut se le permettre, mais les pays moins riches comptent toujours plus sur le charbon. Organisateur de la COP 24 en décembre dernier, la Pologne dépend par exemple à 80% du charbon pour produire son électricité, le taux le plus élevé dans l’Union Européenne.

Ajouté à cette dépendance, le vieillissement des centrales à charbon inquiète davantage les organisations non gouvernementales (ONG) écologistes. Selon un rapport publié le 22 février, certaines centrales polluent énormément. C’est le cas dans les Balkans. À elles seules, seize usines produisent autant de gaz à effet de serre que les deux cent cinquante autres centrales européennes. Un chiffre glaçant.

Les ONG alertent sur la situation. Elles dénoncent un manque de responsabilité de la part des gouvernements. Les promesses de la COP 21 ne semblent pas encore respectées. La sortie du charbon prendra du temps. Tant qu’il y aura des réserves, les pays en forte croissance économique devraient les utiliser, à l’image des États d’Asie du sud-est.

Jean Uminski