Philippe « Bouli » Lanners un réalisateur couronné de succès d’un côté et un acteur condamné au second rôle de l’autre

Bouli Lanners aux Magritte du cinéma en 2017
Crédit photo : AlloCiné

Pour la sortie du film C’est ça l’amour prévue pour le 27 mars 2019, la rédaction a décidé de revenir sur la carrière de Philippe Lanners. Dans ce film, il joue le rôle de Mario, un père de famille qui se retrouve seul pour élever ses deux filles. Alors qu’il a déjà était de à de multiples reprises récompensé pour son travail de réalisation pour sa mise en scène ultra réaliste dans le film Les Géants en 2011, le belge n’a jamais reçu de prix lorsqu’il se trouvait devant la caméra. Ce long métrage pourrait lui permettre d’obtenir sa première récompense à 53 ans.

Un réalisateur de renom

Bien qu’il acommencé sa carrière en tant qu’acteur, c’est en tant que réalisateur qu’il se fait un nom dans le cinéma francophone. Ce peintre de profession se décide à sortir son premier court métrage Travellinckx en 1999. Mais c’est son court métrage Muno sorti deux ans plus tard qui offrira au belge ses premières récompenses pour la réalisation d’un court métrage, avec le prix du jury au festival du film européen de Lille, mais aussi et surtout avec celui du meilleur court métrage au festival international du film francophone à Namur en Belgique.

En 2004, à 38 ans, Bouli Lanners décide de passer un cap dans sa carrière, il sort son premier long métrage : Ultranova. Ce premier film ne séduira malheureusement pas les jurys mais une fois n’est pas coutume deux ans plus tard, son film Eldorado racontant l’histoire d’une amitié entre un garagiste et un toxicomane, remporte un succès considérable, non seulement auprès du public mais aussi auprès des critiques. Le film est notamment nominé pour le prix du meilleur film étranger à Cannes (remporté par Little Miss Sunshine de Valérie Faris et Jonathan Dayton) On lui attribue au festival de Cannes le prix Regards Jeunes le prix du meilleur film européen de la semaine de la critique ainsi que le prix FIPRESCI  prix attribué au film pour récompenser sa prise de risque, son originalité ainsi que sa personnalité.

Une mise en scène poignante

C’est ce qui caractérise le mieux la philosophie de Philippe Lanners : sa mise en scène. Il est considéré par le site VersusProductions comme «  un auteur à l’univers pictural fort, et à l’humanité mélancolique et généreuse »C’est notamment dans le film Les Géants sorti en 2011 que l’on ressent le plus cette motivation à vouloir retranscrire la dure réalité de la vie. Le scénario du film écrit en collaboration avec sa femme Élise Ancion fut vivement récompensé par la critique avec notamment cinq sur douze nominations aux Magritte du cinéma dont : le meilleur film et le meilleur réalisateur.

Dans les backstages du film Les Géants dans les Ardennes belges
Crédit photo: Google Images

Ce long métrage retrace l’histoire de deux frères, Seth et Zak, adolescents de 15 et 13 ans, qui sont livrés à eux-mêmes durant l’été, dans la maison de leur grand-père dans les Ardennes belges et luxembourgeoises. Suite à la disparition obscure de leur mère qui ne prend des nouvelles que très rarement et par téléphone. Ils font la connaissance de Danny, un jeune de leur âge, qui traîne lui aussi durant ses journées, tandis que son frère aîné s’adonne à divers trafics avec un couple de Wallons impliqués dans la production et la revente de drogue. Après plusieurs semaines de débrouille, Seth et Zak sont à court d’argent et se voient proposer par Danny de louer leur maison au patron de son frère pour le conditionnement et le stockage discret de la drogue.

À trois, ils décident de camper près d’une rivière. Ils trouvent refuge dans une maison cossue dans laquelle ils pénètrent par effraction. Au matin d’une nuit d’ivresse et d’expériences capillaires, ils sont forcés de fuir en toute hâte, à la venue des propriétaires, sans l’essentiel de leurs effets. Errant sur les routes, ils sont recueillis par Rosa qui, attendrie par ces enfants, les nourrit et les vêtis

Chassés de leur maison par le trafiquant de drogue et comprenant qu’ils se font avoir par celui-ci, ils se retrouvent à la rue sans ressources. Après avoir passé la nuit dans une cabane au bord de l’eau, celle-ci s’effondre et ils doivent la quitter. Confrontés une dernière fois au trio de trafiquants pour réclamer leur dû, une violente altercation éclate et les met en déroute. Ils trouvent à nouveau refuge chez Rosa puis décident de tout abandonner, jusqu’au dernier lien qui les reliait à leurs parents, pour descendre la rivière vers une nouvelle vie.

Danny, Zak et Seth sur une barque de fortune
Crédit photo: Critikat
Les trois acteurs principaux tentant d’entrer par effraction
Crédit photo: AlloCiné

Pendant 85 minutes, Lanners nous garde en haleine, on s’identifie à ces jeunes enfants fougueux qui rêvent de devenir grands. Bouli Lanners nous séduit grâce aux dialogues qui sont peut-être crus mais surtout débordants de réalisme.

Un acteur condamné à rester au second plan ?

Depuis son premier rôle en 1990 dans Toto le héros jusqu’à Chien en 2018 l’acteur belge s’est vu attribué un rôle dans plus d’une cinquantaine de films. Parmi les plus connus, on retrouve par exemple : Un long dimanche de fiançailles en 2004, Astérix et Obélix : au service de sa majesté en 2012 mais aussi De rouille et d’os la même année

Bouli Lanners dans le rôle de Grossebaf
Crédit photo : AlloCiné

Philippe Lanners fut récompensé plus d’une fois pour ses apparitions dans des seconds rôles. Le prix Raimu du second rôle en 2008 dans le film J’ai toujours rêvé d’être un gangster. Le prix du meilleur second rôle masculin en 2009 pour Rien de personnel ou encore le Magritte du meilleur second rôle pour le rôle de Martial dans De rouille et d’os. Il fut donc récompensé à de multiples reprises mais jamais pour un premier rôle masculin. La sortie du film C’est ça l’amour le 27 mars se présente sous d’heureux auspices pour promet une consécration totale.

Martin BOBET