avril 21

Arrestation du fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange

Annoncé par la police britannique jeudi 11 avril, Julian Assange, fondateur du site WikiLeaks a été arrêté. Il est désormais en garde à vue. 


©Opinion Internationale

Alors qu’un mandat d’arrêt émis par la Suède l’inculpe pour viol, Julian Assange part se réfugier à l’ambassade d’Équateur à Londres en 2012. Cinq ans plus tard, la plainte est classée sans suite (la plainte a depuis été renouvelée par la victime). En 2017 toujours, l’Australien obtient la naturalisation équatorienne. A ce moment-là, Assange craint d’être extradé par les États-Unis à cause des nombreux documents confidentiels qu’il a publié sur son site de manière non-autorisée. Ces derniers mois, les relations entre le nouveau dirigeant équatorien (bien plus proche des américains que l’ancien dirigeant) et le fondateur du site se sont détériorées à tel point que l’asile politique lui a récemment été retiré de manière « illégale » a qualifié le compte Twitter du site WikiLeaks. Un retrait d’asile politique qui coïnciderait donc avec la demande d’extradition des États-Unis.

Sur Twitter, le président équatorien Lenin Moreno a affirmé avoir décidé de « manière souveraine » de retirer l’asile diplomatique à Assange.

« Au Royaume-Uni, personne n’est au-dessus des lois », c’est ce qu’a affirmé Theresa May à la Chambre des Communes. Les policiers britanniques ont arrêté l’Australien à 09h25, en vertu d’un mandat de juin 2012 délivré par la justice britannique, pour non présentation au tribunal, mais aussi pour une demande d’extradition américaine.

Le président équatorien a affirmé : « J’ai demandé à la Grande-Bretagne la garantie que M. Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort. Le gouvernement britannique me l’a confirmé par écrit ».

Mais qu’est-ce-que WikiLeaks ?

Cette organisation non-gouvernementale est fondée en 2006 par Julian Assange. Son objectif est clair : mettre en lumière des documents majoritairement confidentiels ainsi que des analyses politiques et sociales à l’échelle mondiale. Ce site internet va jusqu’à publier une vidéo montrant une bavure de l’armée américaine en Irak, puis des milliers de documents militaires sur l’Afghanistan.

Julian Assange devient l’ennemi numéro 1 des États-Unis le jour où il publie des documents dévoilant les dessous de la diplomatie américaine et du Pentagone. Au total, le site revendique avoir publié « plus de 10 millions de documents ».

Une arrestation qui fait réagir

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova a accusé les autorités britanniques « d’étrangler la liberté »

Sur Twitter, Edward Snowden, un ancien informaticien pour la Central Intelligence Agency (CIA), a réagi en dénonçant un « triste jour pour la liberté de la presse ». Il a également rappelé que Julian Assange avait été récompensé pour tous ses travaux. Il ajoute « Je n’ai pas à être d’accord avec la totalité du travail journalistique de quelqu’un pour être persuadé qu’il ne devrait pas être arrêté en raison de cela ».

L’Australie, le pays d’origine de Julian Assange, s’est dit convaincu qu’il bénéficiera d’un traitement judiciaire équitable au Royaume-Uni.

Du côté français, Jean-Luc Mélenchon n’a pas manqué de réagir sur Twitter en dénonçant la trahison du dirigeant équatorien et de demander à la France de lui accorder l’asile. « L’honneur de notre pays doit être de lui accorder l’asile politique au moment où sa liberté est menacée » plaide-t-il.

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France a lui aussi réagi sur Twitter : « La France aurait dû accorder l’asile à Julian Assange depuis des années ! ». Il ajoute : « Accueillir les lanceurs d’alerte, défenseurs de la démocratie, devrait être l’honneur de notre pays ».

Une audience concernant la demande d’extradition américaine à l’encontre de Julian Assange aura lieu le 2 mai 2019.

A l’issue de sa comparution devant le tribunal de Westminster, Jennifer Robinson l’avocate de Julian Assange a fait savoir qu’il s’opposerait à la demande d’extradition américaine. Il encourt jusqu’à 5 ans de prison. Affaire à suivre.

Romane PARRADO