Les trottinettes électriques : le fléau du XXI siècle ?

L’utilisation des trottinettes électriques ne cesse de se développer depuis quelques années. Mais ce moyen de transport suscite de vives critiques :  la vitesse trop élevée du véhicule, le manque de réglementations et de sécurité entraînent de plus en plus d’accidents, parfois mortels.

Aussi rapide qu’un scooter, plus léger qu’un vélo… La trottinette électrique est devenu le nouveau moyen de transport à la mode.

Les trottinettes électriques sont de plus en plus nombreuses en France, avec plus de 233 000 nouveaux utilisateurs en 2018. Si l’utilisation de ce véhicule est en expansion, c’est dû à sa légèreté qui le rend facilement transportable et sa rapidité (30km/h en moyenne, certains peuvent aller jusqu’à 50km/h). Mais c’est aussi un moyen de transport plus ‘’écologique’’ que la voiture. Aujourd’hui, la ville de Paris compte près de 15 000 trottinettes en libre-service et pense atteindre le chiffre de 40 000 d’ici la fin de l’année. La trottinette électrique est désormais devenue le moyen de transport de 11% des parisiens. Mais son utilisation est de plus en plus critiquée : trop grande vitesse, circulation sur les trottoirs, non port du casque ou de protections sont à l’origine de nombreux accidents.

Un véhicule à risque

Nez abîmé et poignets cassés sont les conséquences les plus fréquentes des accidents de trottinette. Entre 2016 et  2017, le nombre d’accidents impliquant ce moyen de transport a augmenté de 23 % dans les grandes villes françaises. En 2017, 284 personnes ont été blessées et 5 personnes tuées, d’après  les chiffres recensés par la sécurité routière. Récemment encore, un homme de plus de 80 ans a été percuté et projeté sur trois mètres par cet engin. Il est décédé d’un traumatisme crânien quelques heures à la suite de cet accident. Le conducteur de la trottinette a lui-même été transporté à l’hôpital, en état de choc.

Limiter les accidents

Au vu des multiples accidents et débordements, les communes et les autorités mettent en place de nouvelles lois pour mieux encadrer son utilisation. Le conseil de Paris a adopté début avril plusieurs mesures pour renforcer la sécurité, comme la mise en place d’une amende de 135 euros pour la circulation sur les trottoirs. Des réglementations pour ces nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI) devraient également être adoptées au niveau national à partir de juillet dans le cadre de la loi mobilités. Parmi elles : le port du casque obligatoire et la mise en place de stationnement réservés aux trottinettes.

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Portrait de Cyril Drouot, un habitué de la trottinette :

Cyril, professeur à l’Université de Nice Côte d’Azur, a acheté sa trottinette il y a presque un an. Au début il était assez dubitatif et ne se voyait pas se déplacer “sur un engin utilisé par des enfants de 7 ans”. Finalement, il décide d’en louer une pour essayer : “j’ai halluciné et je l’ai acheté”. Pour lui, c’est un moyen de transport “très pratique, fun, léger, économique et facile à transporter”. Il l’utilise pour aller travailler et a déjà fait plus de 1 600 km en 10 mois. Au cours de ses trajets, il tente d’être le plus vigilant possible. Il dit privilégier les pistes cyclables aux trottoirs et fait généralement des signaux pour indiquer sa direction. Mais Cyril reconnaît également la dangerosité de l’appareil. Il est déjà tombé 6 fois : “on va rapidement vite, on ne s’en rend pas compte et on est vulnérable”. Il confie ne porter un casque “qu’une fois sur cent” mais essaie de se protéger au maximum pour ses proches et son assurance. “Il y a un vide juridique”, en effet la nouveauté de l’engin met en difficulté la prise en charge en cas d’accident. Cet usager quotidien cherche d’ailleurs à souscrire une assurance spécifique aux trottinettes. Aujourd’hui seule deux organismes en proposent. Cyril tient tout de même à interpeller ces utilisateurs “il faut être extrêmement vigilant, on se rend pas compte qu’on va vite, on reste plus vulnérable que sur un vélo, les accidents arrivent plus vite”.

Clara MONNOYEUR et Lisa NOYAL