Des petits-déjeuners pour les jeunes des écoles de zones prioritaires

C’est une des promesses importantes d’Emmanuel Macron : la création d’un plan pauvreté. Le gouvernement a annoncé, mardi 23 avril, vouloir offrir un petit-déjeuner à tous les élèves d’écoles de zones prioritaires. L’objectif est de réduire les inégalités dans le domaine de l’éducation.


Jean-Michel Blanquer annonce la mise en place de petits-déjeuners gratuits pour les élèves d’écoles de zones prioritaires

Un petit-déjeuner pour chaque écolier

Après avoir été surnommé maintes fois ‘’le président des riches”, Emmanuel Macron commence la mise en place d’un “plan pauvreté” qui a pour but de réduire les inégalités. Mardi 23 avril Jean Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, a annoncé vouloir instaurer des petits-déjeuners gratuits dans les écoles de zone d’éducation prioritaire. L’objectif est de proposer aux enfants des repas “de qualité et équilibrés” pour leur permettre  « de ne pas commencer la journée le ventre vide ». Cette initiative comblera la suppression des collations de 10h due au plan Obésité de 2010. Une nouvelle mesure qui concernera près de 100 000 enfants pour laquelle le gouvernement doit consacrer environ 6 millions d’euros. Le ministre a déclaré que cette décision sera “généralisée au mois de septembre à l’ensemble du territoire français”. Actuellement, huit académies testent cette initiative dont celle de La Réunion ou celle de Toulouse. Plusieurs pays comme le Danemark, la Suède ou encore le Royaume Uni proposent déjà des petits-déjeuners à l’école.

Vers une réduction des inégalités ?

De nombreuses études comme celle menée en 2010 par des chercheurs du Kings College   de Londres, ont démontré qu’avoir le ventre vide rendait plus difficile la concentration. En 2000, l’Université de Toronto prouve également que cela influe sur la mémorisation. Le problème principal est que les enfants des familles défavorisées n’ont pas toujours accès à un bon petit déjeuner. Selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie, 25% des 3-11 ans n’ont pas la possibilité de déjeuner tous les matins. Cette nouvelle loi permettrait donc à tous de commencer la journée sur le même pied d’égalité. Jean-Michel Blanquer explique que, d’après lui : « cette mesure participe à la réduction des inégalités, dès le plus jeune âge« . Mais comme dit précédemment, cette mesure touchera uniquement les écoles classées ZEP. Une question se pose alors : qu’en sera-il pour les autres établissements ? Le fait de ne pas pouvoir se nourrir correctement n’est pas forcément corrélé avec le fait d’étudier dans une zone prioritaire. De nombreuses familles en difficultés mettent leur enfant dans une école “classique”. D’après une recherche du Crédoc de 2015, près de trois enfants par classe viennent étudier sans avoir déjeuner. Cette mesure réduira-t-elle réellement les inégalités ?

C’est donc la première étape du plan pauvreté. Près de 8,5 milliards d’euros seront consacrés à cette lutte contre les inégalités économiques. Par la suite, la cantine à un euro et le revenu universel d’activité (RUA) devraient, eux aussi, être instaurés.

Lisa NOYAL