mai 06

Étiquettes

Le label 100 % EAC : un renouveau pour la culture cannoise

Rendre la culture accessible à tous et surtout aux jeunes générations : c’est l’objectif principal que s’est fixé la mairie cannoise. Et pour ce faire, la ville de Cannes a expérimenté pendant l’année scolaire 2017-2018 le fameux label EAC, label d’Education Artistique et Culturelle.

(Source : © http://www.cannes.com/fr/cadre-de-vie/cannes-avance/education-artistique-et-culturelle.html)

“Former des citoyens et des spectateurs qui ont des habitudes culturelles et qui savent écouter et exprimer leurs envies”. C’est ce que souhaite Marie Brunel, coordinatrice de l’éducation artistique et culturelle pour la ville de Cannes. La mairie s’investit depuis des années pour un panel d’activités culturelles diversifiées, à la portée de tous. En 2017, la direction de la culture cannoise décide de prendre un nouveau tournant et crée alors le poste de Mme Brunel. Depuis, un objectif prévaut : familiariser les nouvelles générations avec la culture. La ville de Cannes devient alors pilote dans le projet 100 % EAC [Éducation Artistique et Culturelle] pour l’année scolaire 2017-2018. Un projet qui vise à faire bénéficier tous les élèves scolarisés cannois d’au moins un projet culturel chaque année. Expositions, rencontres avec des artistes, musique ou encore danse, la ville de Cannes fait tout son possible pour attirer l’intérêt de ses jeunes citoyens. Mais tout n’est pas si simple. La direction de la culture se heurte à des obstacles de taille. Un des principaux problèmes, les préjugés : “Dans certains quartiers on a parfois des mamans qui demandent si l’entrée de la médiathèque est payante, c’est-à-dire qu’elles ne savent pas que c’est gratuit et ouvert à tous. De manière générale on a malheureusement souvent cette impression qu’on est exclus de la culture alors que c’est vraiment quelque chose qui est accessible à tous” explique Marie Brunel. La direction de la culture, à travers ce projet 100 % EAC, veut “casser ces barrières qui sont parfois seulement psychologiques et montrer que la culture est accessible à tout âge et sans conditions de diplôme”. 


Un projet de grande ampleur aux mille et un acteurs

(Source : Des jeunes en pleine médiation culturelle © https://www.telerama.fr/enfants/education-artistique-a-cannes,-un-modele-qui-peut-faire-ecole,n5450872.php

Pour instaurer cette éducation par l’art, la direction de la culture a tout d’abord dû faire un état des lieux de ce qui était déjà en place à Cannes. Il a fallu répertorier tous les établissements culturels rattachés à la mairie qui avaient déjà des services éducatifs et culturels et proposaient, avant même de se lancer dans ce projet, une activité très importante à destination du public scolaire. Par la suite, il a fallu cartographier les écoles sur le territoire communal. “Nous n’avons pas travaillé tout seul mais en étroite collaboration avec la circonscription de Cannes pour l’enseignement primaire et avec le rectorat et en particulier la DAAC [Délégation Académique aux Arts et à la Culture]. Cela nous permet de travailler avec des chargés de mission et du personnel de l’Education Nationale qui est spécifiquement formé et qui sait à la fois ce dont les enseignants peuvent avoir besoin et comment créer des passerelles entre le monde de la culture et de l’éducation. On a mis en avant l’offre présente sur la ville de Cannes sous forme d’un catalogue qui est diffusé auprès de l’ensemble des écoles” préciseMarie Brunel.

Une grande part du travail a également été de faire appel aux différentes associations culturelles de la ville (Cannes jeunesse, l’école de danse Cannes-Mougins Rosella Hightower, l’orchestre de Cannes, etc.). Une tâche qui s’est avérée relativement facile puisque la ville avait déjà l’habitude de travailler avec ces mêmes associations auparavant. Le plus difficile a été de convaincre les établissements scolaires de s’investir dans ce projet. “Il est difficile de dire à un professeur de mathématiques qu’il doit sacrifier deux heures dans une terminale S pour aller voir un spectacle de danse. Lui n’en verra pas forcément l’utilité première même si cela s’avère très utile pour les élèves. On espère que ces projets culturels deviendront des habitudes dans ces établissements” affirme Mme Brunel. Mais à partir du moment où un chef d’établissement s’est décidé à participer, tous ont suivi. À présent, toutes les écoles, publiques comme privées, sont partenaires. Des contraintes persistent tout de même. L’Education Nationale a son calendrier fixe auquel la direction de la culture cannoise doit s’adapter. 

De leur côté, les associations voient elles aussi ce partenariat comme un avantage, puisqu’il leur permet de promouvoir leur activité auprès des jeunes Cannois. Pour Jamal Jarrar, directeur adjoint de l’association Cannes jeunesse, l’objectif de ce partenariat est double. Tout comme la direction de la culture de la ville de Cannes, il veut lui aussi mettre fin aux interdits psychologiques qui existent dans certains quartiers : “De nombreuses personnes pensent que la culture c’est trop cher, que ça n’est pas fait pour eux. Nous leur avons prouvé le contraire. Nous accueillons des dizaines d’enfants durant les vacances et dans le temps de loisirs. Les prix varient de 2 à 13 € maximum par jour, repas et activités compris, selon le revenu des parents”. Mais sa mission principale reste avant tout l’enrichissement culturel des enfants et indirectement de leur entourage. “À la suite de leur visite culturelle les enfants vont amener leurs parents aux musées car les ateliers proposés étaient ludiques et cela leur a plu. Nous incitons aussi les parents à venir rencontrer les artistes chaque mercredi.” affirme Jamal Jarrar. 

Dans certains cas ces visites culturelles s’inscrivent même dans le programme scolaire des jeunes Cannois. Raison de plus pour les chefs d’établissement de s’investir dans ce projet 100 % EAC. Mme Maia, médiatrice des relations archives-scolaire, explique que les archives municipales se sont adaptées au niveau scolaire des étudiants : “Avec les CM1-CM2 nous abordons l’histoire locale et les Première et Seconde Guerres mondiales alors qu’avec les 4e nous allons plutôt travailler sur l’ancien régime et la justice en nous servant de l’exemple du prisonnier au masque de fer.” 


Un label qui porte ses fruits sur le territoire cannois 

(Source : © http://www.fnami.fr/2018/11/12/presentation-de-la-charte-pour-leducation-artistique-et-culturelle-eac/)
 

Les résultats de ce projet se font déjà ressentir. “Les retours sont très positifs quel que soit le niveau scolaire. Les ateliers ont du succès et les questions posées par les élèves sont intéressantes et pertinentes” raconte Céline Giovanelli, directrice administrative adjointe du pôle national supérieur de danse de Cannes-Mougins Rosella Hightower (PNSD). Chez l’association Cannes Jeunesse l’enthousiasme des jeunes se fait également ressentir : “Aujourd’hui on compte 1500 enfants et adultes environ qui ont à un moment donné ou à un autre profité de ce partenariat. Le retour des familles et de leurs enfants est très bon, de même que le taux de fidélité. Si on considère 100 le taux de fidélité tous ceux qui ont fait veulent refaire” affirme Jamal Jarrar. Du côté des archives municipales les retours sont eux aussi encourageants : “Les jeunes se montrent plutôt enthousiastes. Ce projet permet de les sensibiliser à la diversité des archives et de faire une vraie découverte” explique Mme Saia. Le label 100 % EAC peut constituer une plus-value pour ces jeunes Cannois. En effet, si les jeunes participent activement à ce projet culturel, le label peut figurer en bonus sur leur diplôme du brevet. “Les jeunes peuvent faire le choix de suivre le parcours artistique et culturel. Dans ce cas là cela fait vraiment partie de leur formation et il peut y avoir une épreuve à passer en fin d’année” commente Marie Brunel.

(Source : © Jean Uminski) 

La direction de la culture est satisfaite du résultat même si l’objectif du 100 % n’a pas encore été atteint à tous les niveaux scolaires : “L’année dernière on a eu de très bons résultats avec dans le primaire public 100 % des classes qui ont réalisées un projet, dans les collèges 95 % et dans les lycées 93 %. Ce sont de très bons résultats et cette année on essaie encore de s’améliorer” confirme Marie Brunel. Le projet semble combler tout le monde à tel point que certaines associations partenaires se voient débordées par un nombre important de sollicitations. Elles tentent actuellement de se recentrer sur des médiations culturelles de qualité, quitte à ne pas répondre à toutes les demandes. Selon Marie Brunel “il faut savoir faire des choix. Tout n’est pas forcément accessibles à tout le monde chaque année.” À présent la direction de la culture et ses nombreuses associations partenaires mettent tout en œuvre pour atteindre le 100 % Education artistique et culturelle d’ici fin 2019. 

DAZINIERAS Analena
LESTIEUX Kimberley
BEGHIN Jennifer
GANDY Jeanne
UMINSKI Jean