mai 07

L’ENA : faut-il supprimer l’école des hauts-fonctionnaires ?

Au cours de la conférence de presse du jeudi 25 avril, Emmanuel Macron a affirmé vouloir supprimer l’École nationale d’administration. Jugée trop ancienne, elle est également critiquée pour son manque de représentativité sociale des candidats à la formation.

Le siège de l’École nationale d’administration (ENA), à Strasbourg. LP/Jean-François Badias

Lui-même sorti de l’ENA, le chef de l’État annonce vouloir mettre fin à ce qu’il appelle les « grands corps » dans le cadre d’une réforme sur la haute fonction publique. Une école controversée pour son attachement à un « élitisme républicain ». Des changements qui se feront principalement au niveau du recrutement, puisque la haute fonction publique ne serait pas représentative de la société et critiqué pour son formatage.

Une école dont l’objectif était de « démocratiser l’accès à la haute fonction publique »

Créée en octobre 1945 par le Général De Gaulle, elle tient pour promesse des «de démocratiser l’accès à la haute fonction publique » comme l’indique le site même de l’école.  Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, elle propose également « de professionnaliser la formation des hauts fonctionnaires ». Au fil des années, elle commence à être pointée du doigt pour son manque de diversité, accusée de proposer une opinion unique. L’école va alors tenter de redorer son image en mettant en avant les 26 % d’élèves boursiers faisant partie de la dernière promotion. Une tentative qui ne semble pas fonctionner pour autant.

« L’ENA n’a pas le monopole de la haute fonction publique »

Patrick Gérard, directeur de l’École nationale d’administration, estime « devoir rétablir quelques vérités » face aux nombreuses critiques que rencontre la formation.  Dans une tribune publiée dans Le Figaro, il souligne que ses élèves sont « sincèrement soucieux de s’engager pour leur pays, pour l’intérêt général et le bien commun ». Il ajoute qu’aucun des élèves de la promotion actuelle est issu d’un parent énarque, ministre ou parlementaire. Cependant, il reconnaît que seuls 19 % des élèves actuels « ont un parent ouvrier, commerçant, employé, agriculteur, artisan ou chômeur ». Pour Patrick Gérard, la formation n’a pas le besoin d’être rénovée et considère qu’elle « n’a pas le monopole de la haute fonction publique » car « plus de la moitié » des ambassadeurs, préfets ou recteurs n’en seraient pas issus. On sait en revanche que quatre présidents sur les sept de la Ve République : Emmanuel Macron, François Hollande, Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing, en sont diplômés.

C’est donc une décision forte de la part du chef de l’état, reste à savoir comment l’école sera réformée et si les changements permettront plus de diversité sociale, et par incidence, plus d’égalité.

Fanny Gallezot