Le Japon, un hôte qui compte jouer les trouble-fêtes

Du 20 septembre au 2 novembre aura lieu la neuvième édition de la coupe du monde de rugby. Pour la première fois, la compétition se déroulera en Asie, au Japon. Un pays qui, depuis de nombreuses années, s’est préparé à cet évènement sur le plan sportif.

A l’est du continent asiatique, le Japon a su se faire une place et devenir un des pays les plus influents au monde, au niveau économique, politique et culturel. L’archipel asiatique accueille cette année pour la première fois le mondial de rugby, du 20 septembre au 2 novembre. Le pays du soleil levant n’est, pour le moment, pas une des nations majeures de ce sport, mais elle a su se distinguer parmi les plus grands ces dernières années. Certains se rappellent probablement l’exploit colossal des nippons il y a quatre ans, lorsque ces derniers ont réussi à renverser l’Afrique du Sud, double championne du monde, lors du dernier mondial en Angleterre (34-32), ou encore du match nul décroché à la U Arena de Paris contre l’équipe de France en novembre 2018 (23-23). Les Brave Blossoms (fleurs valeureuses) sont la seule équipe de l’histoire à avoir été éliminée de la coupe du monde avec 3 victoires en 4 matchs de poule. Cela fait donc quelques années que les Japonais jouent les trouble-fête au milieu des cadors du rugby mondial et pourtant, la pratique de ce sport dans l’archipel nippon ne date pas d’hier.

150 ans de pratique

Comme souvent, ce sont les anglais qui ont permit le développement du rugby au Japon. C’est durant les années 1860, peu de temps après la création de ce sport création par William Webb Ellis, que des militaires britanniques envoyés au pays ont importé le rugby au Japon. Les premières traces d’un match dans l’archipel nippon remontent à 1863. Le premier club japonais, le Yokohama Foot Ball club est né en 1866. La fédération japonaise de rugby a été créé en 1987 et depuis la première coupe du monde la même année, le Japon a participé à toutes les éditions de la compétition. Ils n’ont cependant jamais réussi, malgré quelques fulgurances déjà évoquées, à passer le premier tour de du tournoi. Mais cette année, les japonais entendent bien changer cela et se sont préparés pour. Ils sont les récents vainqueur de la coupe des nations du pacifique, un tournoi qui réunit les îles Samoa, Fidji, Tonga et le Japon et occupent actuellement leur meilleur classement jamais atteint, en tant que neuvième nation mondiale.

Une politique sportive particulière

Face à un retard de niveau par rapport aux autres équipes, les japonais ont souvent du faire appel à des joueurs naturalisés pour se rendre compétitifs. En faisant progresser l’équipe nationale par ce biais, les dirigeants japonais espèrent donner envie aux plus jeunes de commencer le rugby afin d’arriver, à terme, à avoir une équipe constituée d’un maximum de joueurs nés au pays. Si cette méthode a semblé bien fonctionner, avec une jeunesse japonaise en vue ces derniers temps et un championnat qui, malgré son faible niveau devient de plus en plus attractifs et rémunérateur (plusieurs grands joueurs en fin de carrière ont rejoint le Japon). Une franchise japonaise, les Sunwolves, basée à Tokyo, a même intégré en 2016 le Super Rugby, championnat qui regroupe les meilleures équipes et les meilleurs joueurs de l’hémisphère sud (Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande et Argentine). Une exception a donc été faite en intégrant une équipe de l’hémisphère nord, ce qui montre l’évolution du rugby au Japon. Malgré cela, les Brave Blossoms présente pour le mondial l’équipe qui compte le plus de joueurs naturalisés jamais vue. Ils sont 15 au total sur 31. De quoi remettre en question les ambitions et façons de faire du futur hôte de la coupe du monde 2019.

Quentin Ruda