septembre 27

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Yves Saint Laurent, l’Asie et le pouvoir de l’imaginaire

Plus d’une trentaine de pièces uniques sont exposées jusqu’au 6 octobre au musée des arts asiatiques de Nice. (Photo : I.T.)

Le musée niçois des arts asiatiques rend hommage au défunt créateur avec son exposition L’Asie rêvée d’Yves Saint Laurent, et aux pays qui ont inspiré ses travaux sans qu’il n’y ait jamais mis les pieds.


Jusqu’au 6 octobre prochain, Yves Saint Laurent est mis à l’honneur dans une exposition au musée des arts asiatiques de Nice. Le couturier est célèbre pour son œuvre artistique marquée et influencée par de nombreuses cultures du monde : du Maroc à la Russie, en passant par l’Espagne. C’est ici l’influence asiatique qui est mise en valeur. Sont exposées une trentaine d’authentiques pièces de haute couture, des bijoux et des croquis signés de la main du couturier, issus des nombreuses collections d’inspiration asiatique qu’il a réalisées entre les années 60 et 90.


La Chine, l’Inde, le Japon sont les pays que l’exposition L’Asie rêvée d’Yves Saint Laurent nous fait indirectement visiter. Pourtant, parmi ces trois pays, Saint Laurent n’en a vu qu’un dans sa vie : le Japon. Les autres, il les a visités à travers les livres et les œuvres d’art : « Il me suffit d’un livre d’images pour que mon esprit se fonde dans un lieu, ou un paysage […] Je n’éprouve aucun besoin de m’y rendre. J’en ai tellement rêvé… », disait-il. Il s’inspire des tenues formelles des aristocrates, comme de celles plus informelles des courtisanes. Plus étonnant encore, certaines de ses œuvres sont inspirées des objets de décoration de sa collection personnelle : céramiques, estampes, sculptures en bois. Par le pouvoir de l’imaginaire, un vase devient une tunique de la Chine impériale.

Sans tomber dans le cliché ou l’indécence, Saint Laurent revisite le sari et rend hommage à l’Inde. Le drapé, les broderies, les turbans et les couleurs vives, il les a, là encore, vus dans les livres : « Il me suffit de regarder un beau livre sur l’Inde pour dessiner comme si j’y avais été. C’est le rôle de l’imaginaire. » Pour référence, le musée expose également de véritables robes indiennes et kimonos japonais au milieu des créations de Saint Laurent. La cohérence dans ses interprétations témoigne d’une connaissance solide de l’histoire et de la culture des pays qui l’ont inspiré. Saint Laurent va même jusqu’à apprendre le chikan, une méthode de broderie traditionnelle indienne, pour un hommage plus fidèle. Finalement, L’Asie rêvée d’Yves Saint Laurent, c’est non seulement un hommage aux trésors de l’Asie qui l’ont inspiré, mais aussi à ses voyages imaginaires, et à ce qu’il appelait « une imagination qui dépasse les limites normales. »


Iman Taouil