septembre 30

Des puits de carbone face au réchauffement climatique

Dans tous les pays du monde, l’écologie est au cœur de l’actualité. Depuis plusieurs années, la question du réchauffement climatique fait débat. Chaque état a adopté différents dispositifs pour éviter d’aggraver la situation actuelle. La France a choisi d’expérimenter les puits de carbone.

Les puits de carbone naturels sont, dans un premier temps, les sols ainsi que les océans. Mais au vu de la situation écologique actuelle, Poissy, Créteil, Paris ou encore Colombes, sont les premières villes françaises à accueillir des puits de carbone artificiels, aussi appelés purificateurs d’air. Grâce à un système de microalgues, l’air piégé dans ces puits, est filtré, puis transformé en oxygène et en énergie renouvelable.

Développés par les entreprises Suez et Fermentalg, ces puits s’implantent de plus en plus en France depuis 2016. Le premier a été installé à Colombes dans la station d’épuration du SIAAP (Syndicat Interdépartemental d’Assainissement de l’Agglomération Parisienne). En 2017, c’est à Paris que le second dispositif a été inauguré. Puis c’est en mai 2018 que le puit de carbone a fait son apparition à Poissy. Dans la commune de Créteil, dans le cadre d’un projet énergétique nommé Valo’Marne, un puit a été installé sur le site de traitement des déchets en mars 2019. Il contient 400 litres de microalgues à lui seul.


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Un puit de carbone phosphorescent, dû aux microalgues.

Un système de microalgues

Les puits fonctionnent grâce à un procédé très élaboré. À l’intérieur de ces grands cylindres, des microalgues sont mises en culture dans des réservoirs d’eau. Ce mélange permet de piéger le CO2 présent dans l’atmosphère, grâce à un système de photosynthèse (lumière du soleil). Ce procédé permet de générer plus de biogaz.

Le biogaz est créé à partir de la fermentation de matière organique en l’absence d’oxygène, composé de méthane (un combustible), et bien entendu, de dioxyde de carbone. L’oxygène rejeté par le puit, donc absent dans le mélange, permet de générer de la biomasse, qui est une source de matière organique, utilisable comme énergie renouvelable. Cette biomasse est ensuite redirigée vers une station d’épuration, pour une valorisation du biométhane, une forme de purification du biogaz.

C’est ce processus complexe, qui fait de ces purificateurs d’air, une bonne solution face au réchauffement climatique.

Un processus bien pensé

Grâce à ce système, le CO2 est utilisé pour développer des énergies renouvelables. Chaque année, un puit de carbone peut transformer jusqu’à une tonne de dioxyde de carbone en énergie. Selon l’entreprise Suez, une installation comme celle-ci reproduit le mécanisme d’une forêt en milieu urbain. Elle arrive à capter les émissions de gaz que produisent environ cent cinquante voitures.

Ces puits sont aussi très serviables pour alimenter les chauffe-eaux ou les chaudières en biométhane. Une énergie plus écologique pour la planète.

Pour Suez, ce processus répond totalement aux problématiques du changement climatique. De ce fait, l’entreprise choisit minutieusement les implantations, dans des zones à émissions de CO2 fortes. C’est pour cette raison que les premiers dispositifs français sont installés dans des villes à forte circulation, ou, plus tard dans des zones industrielles. Ces puits pourront absorber une à dix mille tonnes de CO2 par an. Suez et Fermentalg misent sur le côté dépolluant mais aussi sur la capacité à créer de la biomasse pour étendre son dispositif dans les meilleurs délais.

L’Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques (INERIS), a testé ces puits de carbone pour confirmer leur efficacité. Effectivement, l’institut annonce que les taux d’abattement des particules fines vont de 66% à 99% et ceux du NO2 vont de 76% à 97%. Pour Philippe Lavielle, PDG de Fermentalg, “cette validation par INERIS, premier laboratoire indépendant spécialisé dans les mesures de la pollution de l’air, est un jalon important dans le développement de nos puits de carbone.”

Des avis plutôt variés

Si INERIS a validé l’efficacité des puits de carbone artificiels, ce n’est pas le cas de tout le monde. Sur les réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook, certains ne sont pas en accord. Comme cette page qui préconise la préservation des forêts, au lieu de créer des purificateurs d’air artificiels.

Certaines personnes sont plutôt sceptiques quant au fonctionnement et à l’efficacité de cette nouvelle technique. C’est sur Twitter, en particulier, que les internautes se questionnent. Alain, par exemple se demande : « où passe le carbone piégé ? Quel est son circuit ? Peut-on parler de puits de carbone ? ». Pour Laeticia c’est sur l’efficacité qu’elle se questionne : « Faisant tous les soirs le trajet gare/Clos d’Arcy à 18h, je doute qu’un puit de carbonne puisse contrer la pollution générée par le flot de circulation… C’est parfois irrespirable sur le Boulevard Robespierre… »

La plupart des questions tournent autour de la consommation d’électricité à l’année de ces puits. Suez pense pouvoir imiter le mécanisme d’une forêt entière avec un seul appareil, alors que différents articles ne parlent que d’une vingtaine d’arbres. Pour le moment, ces interrogations restent en suspens. Les études sur le long terme apporteront des réponses plus précises quant à l’efficacité de ces purificateurs d’air.

LE TRUC EN +

Un puit de carbone devrait être installé dans la métropole toulousaine en décembre prochain. Ce purificateur d’air va être implanté par la start-up Kyanos. Elle travaille sur le projet depuis 2016, dans le cadre de la “Smart City”. Un programme qui vise à améliorer la qualité des services d’une ville, et d’en réduire les coûts.

Charlotte Chevallier et Lauryne Guignard