Le géocaching, grande chasse au trésor mondiale

Le géocaching est un loisir qui compte plus de 7 millions de joueurs dans le monde.

Une géocache, l’objet que doivent trouver les joueurs. © Groundspeak Inc. (dba Geocaching)

« Utiliser des satellites qui ont coûtés des millions d’euros pour trouver des Tupperware dans la forêt », c’est le slogan du Géocaching. Ce jeu, né en 2000 dans l’Oregon, aux Etats-Unis, compte aujourd’hui plus de 7 millions d’utilisateurs dans le monde. Le principe est simple : une personne place une géocache (la plupart du temps, un contenant avec un papier) et renseigne ses coordonnées sur le site geocaching.com pour que les autres puissent la trouver. Les joueurs vont se rendre aux coordonnées indiquées grâce à un appareil équipé d’un GPS (aujourd’hui, un smartphone suffit pour la plupart des caches). A l’aide d’une description et d’un indice, ils chercheront la géocache. Elle est généralement constituée d’un petit contenant avec un papier, dit « logbook », pour renseigner son pseudo et la date de la découverte de la cache. Il faut que le joueur renseigne sa visite sur le site ou l’application, et ajouter un commentaire s’il le souhaite. On trouve parfois des « trésors » dans les géocaches, qui sont généralement des babioles sans valeur laissées par les joueurs. En 2017, l’entreprise annonçait que plus de 3 millions de caches ont été ajoutées sur l’application, dans plus de 220 pays, avec notamment une dans la Station Spatiale Internationale. Cette dernière avait été posée par un spationaute en 2008. Elle a depuis été trouvée deux fois, par deux autres spationautes.

Des objets uniques

En plus des babioles en tout genre laissées par les joueurs, il existe d’autres objets officiels ayant divers buts. Par exemple, les objets voyageurs (Travel Bugs en anglais) ont pour objectif de se déplacer de caches en caches afin de découvrir le monde. Ce sont des étiquettes qui sont attachées à un objet, portant un code permettant de suivre leur parcours sur le site officiel. On peut alors trouver la description de l’objet (certains joueurs leur inventent des histoires) et son objectif (s’il veut aller visiter tel pays, par exemple). En plus de ces objets, il existe de la géomonnaie. Il s’agit de pièces de métal ou de bois qui ressemblent à des médailles. Ils peuvent être à l’effigie d’événements regroupant des géocacheurs, des associations de joueurs ou tout simplement de la région d’où ils viennent. Leur principe est le même que celui des Travel Bugs, c’est-à-dire de voyager de caches en caches.

Une grande communauté en France

Un exemple de cache Tèrra Aventura. © Tèrra Aventura

Parmi les 3 millions de géocaches dans le monde, on en compte presque 300 000 en France.  Ce loisir a su conquérir les français et ainsi constituer une grande communauté. De nombreux forums de géocaching ont été ouverts depuis le début du géocaching. Sur Facebook, le principal groupe français regroupe plus de 7 500 personnes. Une communauté qui a même créé des applications se basant sur le Géocaching. Tèrra Aventura en est le parfait exemple. Il s’agit d’une application gratuite crée par la région Nouvelle-Aquitaine en partenariat avec les offices de tourisme du territoire. Ici, il faut faire des parcours (à pied ou à vélo) et répondre à plusieurs énigmes afin de trouver les coordonnées de la cache finale. Une variante du géocaching officiel qui a quand même su conquérir son public : Michel Durrieu, le directeur général du Comité régional du tourisme de Nouvelle-Aquitaine avait déclaré que plus de 720 000 joueurs avaient été enregistrés en 2018. En 2019, plus de 400 parcours ont été répartis sur la région. Le géocaching ne semble pas prêt d’arrêter de plaire.

Des joueurs aux profils variés

L’avantage du géocaching, c’est qu’il est ouvert à tous. Pascale et Jean-Philippe, 52 et 54 ans, ont découvert le jeu grâce à un ami. « Cela a pas mal changé nos vies », confie Pascale. Tous les deux passionnés de marche, ils sont dès le lendemain de la découverte de l’application partis se promener pour trouver des géocaches. « De partout où nous allions, on regardait l’appli pour dégoter une cache toute proche », ajoute-t-elle. Frédéric, 25 ans, a découvert le jeu par hasard : « ma soeur a trouvé un tuyau suspendu à un arbre dans un terrain où elle avait ses ruches ». Cela fait bientôt 2 ans qu’il a découvert l’application. « Ce qui me motive, c’est la découverte des lieux : villages, forêts et autres. J’ai presque trouvé 600 caches. Je n’en reviens pas d’en avoir trouvé autant. » Même intérêt pour Laurent, 33 ans, dont « l’idée de trouver des endroits dont on ignore l’existence malgré que l’on vive dans la région » l’attire. Surtout, ce loisir permet de faire des rencontres : « nous avons aussi rencontrés de nouveaux amis grâce à ce jeu, avec qui nous prenons plaisir à passer du temps et à discuter de notre passion commune. » Un loisir qui semble rendre accro toute personne s’y aventurant.

Hugo Deniziot