[Mouans-Sartoux 2019] « Je cherche à provoquer une émotion »

Entretien avec Olivia Paroldi, graveuse et street artiste.

Olivia Paroldi est une jeune graveuse cannoise. Elle inaugurera sa fresque sur le thème droits de l’enfant, vendredi 4 octobre à 19h sur le MUR (Modulable, Urbain, Réactif) de Mouans-Sartoux. 

Olivia est une habituée du festival. Cette année, elle présente une fresque sur le thème des droits des enfants. © Mathieu Obringer

Avez-vous déjà participé au festival ?

 Cette année sera ma troisième année de participation. J’y suis par le biais de l’association Unwhite.it qui met en lumière les artistes urbains de la Côte d’Azur et organise de nombreux événements. . L’année dernière j’avais installé des portraits de femmes importantes et peu connues sur les murs de la ville. J’ai toujours un immense plaisir à venir en tant qu’artiste mais aussi (et surtout) en tant que lectrice. C’est un moment d’ébullition et d’échanges intenses qui me donnent toujours un bel élan.

Comment a été créée la fresque?

Je réalise des fresques d’estampes à partir de mes plaques gravées et imprimées à la main. Celle présentée au festival raconte et met en image l’importance d’un texte  peu connu, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Cela m’a pris environ trois semaines de travail depuis les premières esquisses jusqu’à l’installation sur le mur. Elle trouve à mes yeux sa place dans le festival car c’est un évènement engagé qui porte dans son essence le désir de lutter pour un monde plus juste.

Quel est votre message à travers cette fresque ? 

Je ne cherche pas à faire passer un message, je dirais que je cherche plutôt à provoquer une émotion, déclencher une curiosité, ou encore donner envie de voir différemment. J’aime penser que mes estampes ouvrent une petite porte de sensibilité chez ceux qui les regardent et qu’une fois ouverte, cette porte ne se refermera pas vraiment.

Quelles sont vos sources d’inspiration ? 

Beaucoup de choses : les liens humains, les rencontres, la force et l’intelligence de la nature…

Quel est votre rapport à la littérature ? 

J’ai une immense bibliothèque en permanence sous mes yeux quand je crée. Depuis l’enfance les livres m’accompagnent, j’ai une relation affective avec ces supports de pensée. J’ai étudié à l’école Estienne qui est traditionnellement l’école des métiers du livre. Je voulais devenir illustratrice et j’y ai découvert la gravure. Les livres et mon rapport à la lecture ont clairement contribué à faire de moi celle que je suis aujourd’hui.

Quels sont vos projets à venir ? Je prépare une importante exposition personnelle qui se tiendra du 8 novembre au 18 avril 2020 au Centre d’Art Contemporain d’Aubagne, Les Pénitents Noirs. En parallèle je conduis cette année de nombreux projets avec des groupes d’enfants. J’irai peut-être à l’étranger. Et puis, je laisse beaucoup de place à l’imprévu…

Lisa Noyal et Flavie Thivol