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[Mouans-Sartoux 2019] Des pétales et des images

Les trois expositions font la part belle aux oubliés. ©Etienne Le Van Ky

Cette année, le festival met en lumière des personnalités rarement sur le devant de la scène. Trois expositions s’intéressent à Consuelo de Saint-Exupéry, à des personnes “différentes” et des petits producteurs.

Consuelo de Saint-Exupéry

Deux spectaculaires sculptures en forme de rose fleurissent entre le gymnase de La Chênaie et le centre sportif Aimé-Legall. Elles rendent hommage à Consuelo de Saint-Exupéry, femme d’Antoine qui a inspiré la rose du Petit Prince. C’est surtout une sculptrice, peintre et écrivaine de grand talent. Et pourtant, son œuvre a été en partie éclipsée par la renommée de son mari.

“Elle s’est en quelque sorte effacée elle-même, et c’est cette volonté de retrouver cette femme qui a motivé cette exposition”, raconte Isabelle Chemin. Graphiste et plasticienne, cette dernière a co-réalisé les roses à base de papier mâché et de grillage avec les époux Rolando et l’aide de “petites mains” de centres de loisirs ou de handicap. “Cela représente des heures et des heures de travail pour réaliser les 360 pétales”, détaille l’artiste venue de Grasse, où Consuelo a fini sa vie.

Regarder autrement

A quelques pas des roses, c’est la différence qui est célébrée dans l’exposition organisée par l’AFPJR, une association qui aide les personnes handicapées à s’insérer dans le monde du travail et “à se sentir bien dans leur peau”, selon les mots de Jean-Claude Cnockaert, son président. “A travers ces photos, nous voulions montrer des gens certes différents mais aussi humains que vous et moi.” Une vingtaine de clichés réalisés par Philippe Romeyer, présentent des personnes en situation de handicap épanouies dans leur vie professionnelle, telles que Naji Hellal, cinq fois champion de France de judo handisport et originaire de Mouans-Sartoux. “Une façon de montrer le regard que tout le monde devrait avoir sur les personnes en situation de handicap.”

Un toit, un travail, une terre

Montrer la réalité du commerce équitable, “plus subtile et complexe” que ce que le public peut idéaliser. Voilà le sens de la série de photos de Lionel Astruc. A travers des captures d’instants au cœur du quotidien des caféiculteurs mexicains d’Oaxaca, le photographe illustre le concept de “pauvreté digne” introduit par Francisco Vanderhoff. Père du commerce équitable, ce créateur du label Max Havelaar apparaît sur les clichés à plusieurs reprises, lui qui a choisi de continuer à vivre parmi la coopérative de producteurs. L’exposition sera inaugurée aujourd’hui à 14h30 dans l’Espace A, en présence de Françoise Nyssen, directrice des éditions Actes Sud, et Jean-Pierre Blanc, PDG de Malongo.

Etienne LE VAN KY et Félix PAULET