octobre 04

[Mouans-Sartoux 2019] “Une exigence de qualité pour les enfants”

“J’ai un métier qui a cette double vocation d’être autant dans la pédagogie que dans la découverte.” ©Enora Hillaireau

A l’espace jeunesse, Stéphanie Baronchelli propose des livres aux écoliers et collégiens de la région. Elle est éditrice depuis cinq ans pour la maison d’édition jeunesse Gulf Stream Editeur. Rencontre.

En quelques mots, qu’est-ce que Gulf Stream Editeur ?
Gulf Stream date des années 80. Cette maison d’édition était alors spécialisée dans la carterie. C’est Jean-Olivier Héron, le créateur, qui s’occupait des illustrations. Dans les années 2000, on a élargi notre catalogue à la littérature jeunesse avec des documentaires, des romans, de la fiction et des romans graphiques. C’est d’ailleurs la fiction qui représente la principale part de notre catalogue : environ trois quarts, contre un quart de documentaires. On ne cible que la jeunesse, de la petite enfance aux jeunes adultes.

En quoi l’édition jeunesse est-elle singulière ?
Comme elle est moins bien considérée que la littérature adulte, on a une liberté d’action géniale ! En fait, on s’adresse à un public qui a besoin de lire. La lecture n’est pas seulement un loisir pour les jeunes. Elle permet le développement de l’imaginaire, l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. J’ai un métier qui a cette double vocation d’être autant dans la pédagogie que dans la découverte, en ayant une exigence de qualité pour les enfants.

Quels livres plaisent aux jeunes ?
On note des différences en fonction du sexe et de l’âge. Il y a un véritable intérêt des petits garçons pour les documentaires. Les filles l’ont aussi, mais elles s’intéressent davantage à la fiction. A l’entrée au collège, on perd les garçons, qu’on retrouve plus tard grâce aux BD et aux mangas. Au contraire, les filles, qui sont déjà grandes lectrices en primaire, le restent au collège.

Le numérique aurait-il remplacé la lecture chez certains jeunes ?
Je pense que ce sont justes des habitudes qui changent. Le livre numérique n’a pas pris le pas sur l’objet livre, et encore moins chez les enfants. Il reste ce côté sacré qui consiste à s’asseoir sur son lit avec sa BD et d’en tourner les pages.

Pourquoi la littérature jeunesse est-elle importante ?
Je crois que c’est la beauté. La beauté d’offrir quelque chose à des enfants. Il y a la beauté de l’enfance, de l’objet, d’un travail d’auteur… Je crois que c’est tout ce partage qui fait que l’édition jeunesse a ce côté un peu magique. Et puis, il n’y a pas de petite lecture.

Propos recueillis par Enora Hillaireau et Romane Parrado