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[Mouans-Sartoux 2019] Le Festival vert et rouge

Nathan Gil, lanceur du mouvement à Mouans-Sartoux. (Crédit photo © : C.Q)

Une Marianne géante glisse dans les rues du Festival, un coquelicot à la poitrine. Stop aux pesticides. Voilà ce que réclame le collectif “Nous voulons des coquelicots”. C’est le premier anniversaire de ce rassemblement. Les coquelicots, comme l’explique Marie-Louise Gourdon commissaire du Festival, “c’est un symbole positif pour lutter contre quelque chose de négatif.” Devant une centaine de personnes, Edgar Morin évoque l’engagement des jeunes pour l’environnement.

Bénéficier de la popularité du Festival

Il n’y a pas que Greta, il y a aussi Nathan. En 2018, à la suite de sa visite au Festival, Nathan Gil lycéen de 17 ans se dédie à cette cause. Poussé par la curiosité, il découvre la “complexité de la problématique” des pesticides à travers le discours d’Edgar Morin qui accompagne depuis le début ce mouvement. Le jeune Mouansois décide alors de lancer un groupe local dans sa commune. “Il n’y avait pas de collectif citoyen ici pour cette cause” confie t-il. “Un mois après le Festival j’ai essayé de réunir du monde et j’ai créé une page Facebook. Avec la communication [le groupe] s’est étoffé.”Aujourd’hui, une dizaine de bénévoles s’investissent régulièrement. “On a voulu rejoindre cette union nationale et répondre à l’appel qui a été lancé” raconte Nathan. Le but : faire connaître le mouvement à l’échelle locale et améliorer le mode de consommation des habitants de Mouans-Sartoux et ses alentours. Venir au Festival c’est aussi un moyen de récolter des signatures. L’association veut atteindre les 5 millions de signatures d’ici octobre 2020 pour obliger les politiques à agir. “On bénéficie de la popularité du Festival pour inciter les personnes qui viennent de toute la France à refuser de dépendre du système agrochimique” explique le jeune militant.

“Il n’y a pas de choses à améliorer à Mouans-Sartoux”

Au niveau local, la ville soutient l’appel national, les actions des coquelicots et les agriculteurs victimes des pesticides. Pour Nathan, “il n’y a pas de choses à améliorer à Mouans-Sartoux.” En 2015, la commune a reçu le prix “Zéro phyto 100 % bio”pour son engagement en faveur du développement de l’agriculture biologique et de la réduction des produits néfastes pour l’environnement. En 5 ans, Mouans-Sartoux a diminué de 80 % le poids des déchets alimentaires en restauration collective. C’est la première ville de France à avoir des cantines bios. Autre concept innovant, les élèves peuvent choisir la taille de leur plat à la cantine. Une fois le repas fini, ils doivent trier et peser leurs déchets. Une initiative qui séduit les parents : environ 80 % d’entre eux se déclarent très satisfaits. Ils sont même nombreux à avoir modifié leurs mode de consommation. L’objectif de Mouans-Sartoux est d’atteindre l’autonomie alimentaire. Pour cela, la ville a décidé en 2012, de tripler les surfaces classées agricoles dans le plan local d’urbanisme. Un maraîcher et un producteur de plantes à parfum sont déjà installés sur ces terres. Aujourd’hui la commune produit 80 % de ses légumes. La mairie dispose même d’une Maison d’éducation à l’alimentation durable. Ce service propose d’accompagner les familles dans l’évolution de leurs pratiques alimentaires sans augmenter leur budget ainsi que des ateliers pédagogiques. Dans le futur, les coquelicots de Mouans-Sartoux voudraient proposer des projections débats permettant de visionner des documentaires abordant des thématiques écologiques plus larges que la lutte contre les pesticides.
Devant la foule, Nathan s’indigne. “Parce qu’on est tous en danger, parce que nos droits fondamentaux ne sont pas respectés, nous voulons des coquelicots.”

Dazinieras Analena
Lestieux Kimberley